Radars intelligents : le déploiement en 2026 est démenti par la Sécurité routière

135 euros et trois points en un clin d’œil : les radars nouvelle génération censés traquer téléphone et ceinture en 2026 ne verront finalement pas le jour. Pourquoi ce revirement soudain de la Sécurité routière ?

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Radars intelligents : le déploiement en 2026 est démenti par la Sécurité routière
Radars intelligents : le déploiement en 2026 est démenti par la Sécurité routière © L'Automobiliste

Contrairement à ce qu’ont annoncé de nombreux médias français, les radars nouvelle génération, capables de détecter le téléphone au volant, l’absence de ceinture ou le non-respect des distances de sécurité, ne seront pas déployés en 2026. L’information a été révélée par Le Figaro. Interrogée par RTL, la direction de la Sécurité routière a affirmé qu’il n’y aura pas de nouvelle fonctionnalité sur les radars en 2026.

Ces appareils, dopés à l’intelligence artificielle, n’ont rien à voir avec les hiboux traditionnels qui se contentent de flasher les excès de vitesse. Ils promettent de repérer automatiquement des comportements jusqu’ici uniquement sanctionnables par des policiers sur le terrain.

Une quinzaine de comportements dans le viseur

La liste des infractions envisagées comprend :

  • l’absence de ceinture de sécurité
  • le téléphone au volant
  • le non-port du casque
  • le feu rouge grillé
  • la circulation sur voie réservée
  • le non-respect des distances de sécurité
  • le dépassement par la droite
  • le demi-tour interdit
  • le stationnement en double file
  • le stationnement sur les pistes cyclables

Trois de ces comportements sont jugés particulièrement accidentogènes : l’usage du téléphone, l’absence de ceinture et le non-respect des distances de sécurité. Jusqu’à présent, ils échappaient en grande partie aux systèmes automatisés de contrôle.

Chaque infraction détectée entraînerait une amende de 135 euros et un retrait de trois points sur le permis. Un conducteur pris en flagrant délit de plusieurs comportements dangereux à la fois pourrait perdre jusqu’à huit points en quelques secondes, le simple passage devant l’appareil suffisant à rendre l’infraction visible presque instantanément.

Des prototypes déjà exposés, mais pas homologués

Des industriels ont présenté des prototypes dotés de ces nouvelles fonctions lors du dernier salon des maires. Ces appareils avaient aussi été montrés au Milipol, le rendez-vous des professionnels de la sécurité. Leur développement est suivi de près par les autorités, mais leur arrivée sur les routes françaises n’est pas prévue à court terme.

La direction de la Sécurité routière rappelle que ces radars ne sont pas homologués pour constater de nouvelles infractions en France. Ces fonctionnalités figuraient dans le projet de loi de finances pour 2025, publié fin 2024, un texte qui n’est plus d’actualité fin 2025 dans un cadre budgétaire jugé « très incertain ». Elles n’apparaissent pas non plus dans le projet de budget 2026. Un simple décret suffirait pourtant à les mettre en service.

Ce type de système arrive déjà en Europe. En Italie, un radar boosté à l’intelligence artificielle et développé par l’entreprise Sodi Scientifica va être installé sur l’autoroute Florence-Pise-Livourne, à hauteur de la commune de Lastra a Signa, près de Florence et d’Empoli.

L’appareil, doté d’une caméra infrarouge logée dans une structure métallique, permet de contrôler simultanément quatre éléments : l’usage du téléphone portable, le port de la ceinture, l’assurance et le contrôle technique du véhicule. Il enregistre des images nettes de nuit et par mauvais temps, dans les deux sens de circulation.

L’autorisation accordée à Sodi Scientifica est valable 90 jours, renouvelable une fois. Durant cette période d’essai, aucune contravention ne sera envoyée aux automobilistes pris en infraction. À l’issue du test, l’efficacité et la précision du radar seront évaluées en vue d’un déploiement plus large. Homologué, l’appareil sanctionnerait directement ces comportements par caméra, sans passer par les forces de l’ordre, comme c’est déjà le cas pour les excès de vitesse.

L’Italie compte déjà près de 12 000 radars, soit près de trois fois plus qu’en France, qui échappe pour l’instant à cette nouvelle génération d’appareils.

Depuis l’installation des premiers radars dans les années 1970, la mortalité routière a été divisée par deux en France. Le port obligatoire de la ceinture et l’interdiction du téléphone au volant ont, eux aussi, sauvé des milliers de vies.

L’arrivée annoncée de ces radars nouvelle génération suscite pourtant une grogne, au point que la Sécurité routière cherche elle-même à calmer le jeu. Les contrôles automatisés restent loin d’être infaillibles : un conducteur qui empiéterait sur une piste cyclable pour éviter d’écraser un chat pourrait, lui aussi, se retrouver sanctionné.

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