Le plein d’essence n’a jamais été aussi cher dans l’Union européenne

2,063 € le litre : un record historique qui plombe le budget des automobilistes européens. Pays-Bas, Danemark, France… Découvrez pourquoi votre plein coûte désormais une fortune et jusqu’où cette flambée pourrait grimper.

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Le plein d'essence n'a jamais été aussi cher dans l'Union européenne
Le plein d’essence n’a jamais été aussi cher dans l’Union européenne © L'Automobiliste

Le prix du plein d’une voiture n’a jamais été aussi élevé dans l’Union européenne. L’essence Euro-super 95 a atteint une moyenne pondérée de 2,063 € par litre dans le bloc communautaire le 14 septembre 2026, le niveau le plus haut de toute la série statistique de la Commission européenne, qui remonte à 2005.

Une bonne partie de cette facture revient directement dans les caisses des États. En moyenne, près de la moitié du prix payé à la pompe par les automobilistes européens est constituée de taxes : 0,976 € par litre à l’échelle de l’Union, soit 47,3 % du total. Dans sept pays membres, la fiscalité sur l’essence dépasse même 1 € par litre.

Les Pays-Bas en tête, la France sixième

Le classement des pays où la fiscalité pèse le plus lourd est dominé par les Pays-Bas : 1,270 € de taxes par litre la semaine du 14 septembre, soit 52 % d’un prix à la pompe de 2,434 €. Les droits d’accise néerlandais atteignent 844,69 € pour 1 000 litres, le niveau le plus élevé de l’Union, auxquels s’ajoute une TVA à 21 % qui pèse 0,422 €.

Le Danemark suit avec 1,230 € de taxes par litre. Le pays affiche pourtant l’essence la plus chère de toute l’Union, à 2,564 € le litre, sans détenir la fiscalité la plus lourde. Une TVA à 25 % s’applique par ailleurs à un prix hors taxes déjà élevé.

Viennent ensuite la Finlande (1,193 €), l’Allemagne (1,179 €) et la Grèce, où les taxes représentent 52,5 % du prix à la pompe, la part la plus élevée de ce classement.

La France se classe sixième, avec 1,052 € de taxes par litre. Les droits d’accise sur l’essence sont fixés à 0,690 € par litre depuis le 1er mars 2026, auxquels s’ajoute une TVA à 20 % qui pèse 0,362 €.

Le mécanisme est le même partout dans l’Union : d’abord des droits d’accise fixes qui n’augmentent pas automatiquement avec le prix du pétrole, puis une TVA calculée sur le prix carburant plus taxes, ce qui revient à payer un impôt sur l’impôt.

Une flambée née dans le détroit d’Ormuz

Cette envolée des prix trouve son origine fin février 2026, quand la guerre entre l’Occident et l’Iran a éclaté et perturbé les flux énergétiques passant par le détroit d’Ormuz. Avant le conflit, le baril de Brent valait environ 72 dollars.

Lundi, il se négociait à plus de 100 dollars pour une livraison le mois suivant. Les marges de raffinage ont ajouté leur part à la facture : selon les experts de la Banque centrale européenne, elles ont renchéri de 0,17 € chaque litre d’essence dans la zone euro la troisième semaine de septembre, et de 0,41 € chaque litre de diesel.

En France, la hausse des tarifs à la pompe dépasse 30 % depuis le début de la crise, avec +29 % pour l’essence et +44 % pour le diesel selon Global Petrol Prices, soit +37 % en moyenne. L’État y prélève environ la moitié de la somme déboursée à la pompe. Certains automobilistes frontaliers continuent par ailleurs de se rendre dans les pays limitrophes où les taxes sont moins importantes et les prix plus attractifs.

Vendredi 19 septembre 2026, après une réunion à l’Élysée avec les chefs de partis, le président Emmanuel Macron a reconnu la gravité de la situation : « La situation que nous traversons est grave, du fait de la situation internationale et des conséquences des guerres que nous subissons. » Il a prévenu que la flambée des prix du carburant « va continuer à rythmer la vie du pays ».

La France reste loin d’être le pays le plus touché au monde. Le Nigeria enregistre une hausse de 83 %, la Malaisie de 74 %, le Panama de 68 %, les Émirats arabes unis de 64 %. Aux États-Unis, où les prix suivent le Brent et le WTI, la hausse atteint 58 %.

Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques, note dans un entretien à TF1 Info que même s’il y a moins de taxes qu’en Europe, les Américains paient et vendent le carburant au prix international. Il ajoute que la marge de manœuvre des États dépend de leurs finances, dans la mesure où, si l’État taxe les carburants, il peut décider d’atténuer cette augmentation en fonction de ses capacités budgétaires.

Certains pays producteurs échappent totalement au mouvement : en Arabie saoudite, au Koweït et à Oman, les prix fixés par décret étatique n’ont pas bougé. Selon Thierry Bros, la flambée pourrait se poursuivre jusqu’à ce que Donald Trump accepte de signer un nouvel accord avec l’Iran, comme celui déjà conclu à Versailles en juin 2026. « Mais nous ne sommes que spectateurs », conclut-il.

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