Pétrole : le patron de TotalEnergies annonce une hausse des coûts du fret à Ormuz

Patrick Pouyanne, PDG de TotalEnergies, révèle que le transport d’un baril de pétrole via le détroit d’Ormuz ajoute 10 dollars au coût d’approvisionnement. Cette déclaration à Bloomberg éclaire les mécanismes cachés du prix à la pompe et montre comment la géographie pétrolière impacte directement le portefeuille des automobilistes français.

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Pétrole : le patron de TotalEnergies annonce une hausse des coûts du fret à Ormuz © L'Automobiliste

Lorsque vous faites le plein, le montant que vous déboursez dépasse le simple coût du pétrole brut. Patrick Pouyanne, PDG de TotalEnergies, a révélé à Bloomberg qu’acheminer un baril de pétrole par le détroit d’Ormuz majore de 10 dollars les frais d’approvisionnement. Cette déclaration met en lumière l’influence de la géographie pétrolière sur le prix à la pompe, touchant directement le budget des automobilistes français.

Le parcours complexe du pétrole jusqu’à votre réservoir

Avant d’atteindre votre voiture, le pétrole voyage sur des milliers de kilomètres. Patrick Pouyanne a indiqué que TotalEnergies acquiert ses barils entre 50 et 60 dollars dans le golfe Persique. L’entreprise française, un des principaux négociants en brut irakien et qatari, profite de la nécessité de ces producteurs de vendre malgré les tensions régionales persistantes depuis six mois.

Le détroit d’Ormuz, passage stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, est crucial pour le transport de 20% du pétrole mondial. Bien que la situation géopolitique reste tendue, les superpétroliers continuent d’emprunter cette voie. Certains navires acheminent directement le pétrole vers les raffineries européennes et asiatiques, tandis que d’autres effectuent un transbordement dans le golfe d’Oman avant d’atteindre leur destination finale.

Les frais additionnels de transport : 10 dollars par baril

Selon Patrick Pouyanne, le fret supplémentaire pour un superpétrolier équivaut à environ 10 dollars par baril. Ce montant s’ajoute au prix d’achat initial de 50 à 60 dollars. Pour un superpétrolier transportant près de deux millions de barils, le coût total du transport atteint 20 millions de dollars, selon Bloomberg.

La différence entre le prix d’achat et de vente final illustre les marges des intermédiaires. Lundi, le Brent, référence mondiale, se négociait au-delà de 90 dollars le baril. Avec un prix d’achat maximum de 60 dollars, 10 dollars de fret, et un Brent à 90 dollars, les traders et armateurs comme TotalEnergies bénéficient de marges substantielles, légales, qui reflètent les tensions géopolitiques et la désorganisation des circuits d’approvisionnement.

Impact du Brent à 90 dollars sur le prix à la pompe

Le Brent se maintenant au-dessus de 90 dollars indique une tension sur les marchés. Les volumes transitant par Ormuz ont évité une hausse au-delà de 100 dollars le baril. Sans les approvisionnements irakiens et qataris, les prix auraient probablement dépassé ce seuil, impactant directement le coût du carburant en France.

Un baril contient 159 litres de brut, produisant environ 75 litres d’essence après raffinage. À 90 dollars le baril, cela représente 1,20 dollar par litre d’essence, soit environ 1,10 euro au taux actuel. À la pompe, le prix excède souvent 1,80 euro le litre. La différence s’explique par les taxes, le raffinage, le transport et la distribution. Les 10 dollars de fret via Ormuz ajoutent environ 0,08 euro par litre au coût de base, soit 4 euros pour un plein de 50 litres. Cela soulève la question des superprofits dans le secteur pétrolier.

L’évolution des prix dépend de la situation géopolitique autour d’Ormuz, de la capacité des producteurs irakiens et qataris à exporter, et des décisions de l’OPEP+ sur les quotas. Les automobilistes doivent surveiller ces facteurs pour anticiper les fluctuations à la pompe. La stabilité actuelle, avec un Brent sous les 100 dollars, demeure fragile et repose sur le maintien des flux par ce passage stratégique.

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