Les automobilistes italiens peuvent se réjouir : une réforme du Code de la route oblige désormais aussi les piétons à respecter les règles de circulation. Dès septembre 2026, traverser la rue avec un smartphone à la main entraînera une amende de 75 euros.
Implications de la nouvelle loi pour les conducteurs
Le projet de réforme du Code de la route italien interdit aux piétons l’utilisation de téléphones, tablettes ou appareils similaires en traversant ou marchant sur la chaussée. Selon Quattroruote, l’amende de 75 euros s’applique sur les passages piétons comme ailleurs. Cette évolution marque un tournant pour les conducteurs. Auparavant, seule l’attention des automobilistes était en cause. La loi reconnaît désormais que les piétons absorbés par leur écran, ces « smombies », représentent un risque. Seuls les écouteurs et le haut-parleur sont tolérés, à condition de maintenir une bonne audition. En cas d’urgence, l’usage du téléphone reste possible sur le trottoir.
Le nouveau Code va au-delà d’une simple sanction. Il oblige le piéton à s’assurer que les conducteurs l’ont vu et sont prêts à s’arrêter avant de traverser. Genovaquotidiana rapporte que les mouvements imprévisibles sont désormais interdits, sauf en cas de nécessité absolue, modifiant ainsi la dynamique juridique en cas d’accident.
Roberto Merli, président de l’association Condividere la strada della Vita, soutient cette mesure, soulignant le traumatisme psychologique des conducteurs confrontés à des piétons distraits. Il explique dans le Corriere de Brescia que cette reconnaissance constitue une avancée majeure pour les automobilistes.
Jurisprudence italienne : le piéton perd sa protection
La réforme s’appuie sur une jurisprudence de 2023 de la Cour de Cassation italienne. Dans son ordinanza n. 20140, elle a énoncé que la responsabilité du conducteur peut être écartée si le piéton adopte un comportement imprévisible rendant l’évitement impossible, remettant en question la présomption de responsabilité automatique.
Avant cette jurisprudence, le conducteur était souvent responsable en cas d’accident avec un piéton, même si ce dernier se montrait imprudent. La Cour a reconnu que certains comportements de piétons sont imprévisibles, comme traverser brusquement sans regarder à cause d’un smartphone. Le nouveau Code de la route intègre cette logique en créant une présomption de faute partagée, simplifiant ainsi les litiges pour les assurés et les tribunaux.
Application concrète de la jurisprudence
Désormais, un conducteur peut invoquer un comportement imprévisible si un piéton surgit devant lui, téléphone en main. La charge de la preuve s’équilibre : l’automobiliste n’a plus à prouver son absence totale de faute, mais peut s’appuyer sur la violation manifeste des règles par le piéton. Roberto Merli met l’accent sur la prévention, affirmant que le piéton doit aussi respecter les règles et éviter d’utiliser son appareil mobile en marchant, soulignant un changement culturel dans la sécurité routière italienne.
Pour les automobilistes : l’essentiel à retenir
La réforme par le ministre des Infrastructures Matteo Salvini simplifie également le système des amendes, réduit de 82 à 21 montants différents. Selon Money.it, une réduction de 30 % est possible si le paiement est effectué dans les 5 jours. Les ajustements pour inflation ne seront appliqués que si l’indice Istat dépasse 5 %.
Les automobilistes doivent s’adapter à cette nouvelle réalité juridique. En cas d’accident impliquant un piéton, documenter la scène est crucial. Les dashcams, de plus en plus fréquentes, fournissent des preuves décisives de l’inattention du piéton lors de la traversée. Collecter des témoignages immédiats est également essentiel. Les forces de l’ordre vérifieront systématiquement si le piéton utilisait un appareil numérique lors de l’accident.



