Alors que le Royaume-Uni envisage un encadrement plus strict, en France, le débat s’amplifie, notamment après les déclarations d’Yves Carra, porte-parole de Mobilité Club France, sur les ondes de RMC ce lundi 24 novembre. Une intervention qui relance la question : ces équipements lumineux sont-ils devenus dangereux sur la route ?
Une avancée technologique sous les projecteurs
Bien que salués pour leur efficacité, les phares LED n’échappent plus à la controverse. Leur intensité lumineuse, supérieure à celle des anciens modèles halogènes, offre certes une meilleure vision au conducteur équipé. Mais cette performance peut se transformer en gêne visuelle pour les automobilistes croisés. Comme le souligne le site Boursorama, une étude du Royal Automobile Club (RAC) révèle que « 89 % des conducteurs interrogés estiment que certains phares sont trop puissants et 91 % ont déjà été éblouis au volant ». Ce malaise ne se limite pas à l’inconfort.
Toujours selon cette enquête, « 7 % des conducteurs britanniques évitent désormais de conduire la nuit en raison de l’éblouissement », une part qui grimpe à « 14 % chez les plus de 65 ans ». Cette réalité montre que la généralisation des phares LED sur les voitures modernes crée une nouvelle forme de stress sur la route, notamment pour les conducteurs les plus sensibles. L’accumulation de ces nuisances visuelles modifie profondément l’expérience de conduite nocturne.
Au Royaume-Uni, des plaintes qui font vaciller la réglementation
Face à ces plaintes massives, le Royaume-Uni a décidé d’agir. Le ministère britannique des Transports a commandé une enquête indépendante pour évaluer les impacts des phares LED, notamment sur les SUV et véhicules haut perchés, souvent accusés d’envoyer les faisceaux lumineux directement dans les yeux des automobilistes venant en face. Les données issues de cette mobilisation sont sans équivoque : « 97 % des personnes interrogées affirment être régulièrement ou parfois distraites par des véhicules arrivant en face », tandis que « 96 % estiment que les feux modernes sont trop violents », peut-on lire sur L’Automobile Magazine.
Ces chiffres montrent que le débat n’est plus marginal. Il touche à la régulation de la voiture moderne, à l’homologation des équipements, et plus largement, à l’évolution du cadre de sécurité routière dans les grandes nations industrialisées. Si la France n’a pour l’instant pris aucune mesure similaire, la situation au Royaume-Uni pourrait faire jurisprudence. Elle contraindra peut-être les constructeurs à revoir leurs standards d’éclairage, y compris sur le marché hexagonal.
Conduite : comment limiter l’éblouissement des LED ?
Dans ce climat tendu, certains experts proposent des gestes simples à adopter au quotidien. C’est le cas d’Yves Carra, représentant du Mobilité Club France, qui intervenait le 24 novembre sur RMC pour alerter les automobilistes français. Il invite notamment à vérifier le réglage de la hauteur des phares LED, qui, mal orientés, peuvent transformer une route de nuit en véritable piège visuel. Il recommande aussi de ralentir légèrement lors des croisements, de porter le regard vers le bas ou le bord droit de la route et de maintenir les surfaces vitrées propres pour limiter la diffusion lumineuse.
Ces mesures, bien que simples, participent à réduire la sensation d’éblouissement, surtout face à des voitures dont les projecteurs sont surélevés, comme les SUV ou certains modèles électriques. Enfin, certains conducteurs explorent l’usage de lunettes à verres jaunes ou polarisés. Selon RMC, ces dispositifs peuvent atténuer la luminosité perçue sans altérer la visibilité. Cependant, leur efficacité n’est pas encore validée scientifiquement à grande échelle.






