Kia domine le classement de la santé batterie avec un taux de 99 %
La voiture électrique cristallise depuis plusieurs années une crainte tenace chez les automobilistes : la dégradation prématurée de la batterie. Combien de fois entend-on cette phrase : « la batterie va lâcher avant la fin du crédit » ? Une enquête d’envergure menée par La Chaîne EV auprès de sa communauté vient bousculer ces idées reçues. Les résultats, publiés en juin 2026 et relayés par Automobile Propre, portent sur 3 055 véhicules électriques et révèlent une réalité bien plus rassurante que les fantasmes colportés. Parmi les constructeurs analysés, un nom se détache nettement : Kia, qui affiche un état de santé moyen de 99 %, tous kilométrages confondus.
L’étude repose sur les déclarations de propriétaires de véhicules électriques, dont près de 1 500 ont renseigné l’état de santé précis de leur batterie, mesuré via le State of Health (SoH). Cet indicateur, exprimé en pourcentage, représente la capacité restante d’une batterie par rapport à son état neuf. Une batterie affichant 100 % de SoH possède toute sa capacité d’origine ; à 90 %, elle a perdu un dixième de son énergie, entraînant une légère baisse d’autonomie. L’échantillon n’est certes pas celui d’un laboratoire indépendant, mais la cohérence des données recueillies auprès de plusieurs milliers d’utilisateurs quotidiens confère une robustesse certaine aux conclusions.
Des batteries qui tiennent la distance bien au-delà des attentes
Contrairement aux prédictions alarmistes, la santé moyenne des batteries analysées s’établit à 94,8 %, toutes générations et tous kilométrages confondus. Plus parlant encore : 88 % des véhicules conservent au moins 90 % de leur capacité d’origine. La fameuse chute brutale de la capacité, tant redoutée, reste introuvable dans les données collectées. La dégradation suit au contraire une courbe douce et régulière, sans rupture brutale.
Les chiffres détaillés par tranche kilométrique sont éloquents. Sous 50 000 km, le SoH moyen atteint 95,9 %. Entre 50 000 et 100 000 km, il reste à 94,7 %. Jusqu’à 150 000 km, on observe 93,6 %, puis 92,1 % jusqu’à 200 000 km. Au-delà de ce seuil symbolique, les batteries affichent encore 90,2 % en moyenne. Pour replacer ces performances dans leur contexte, rappelons qu’une voiture électrique parcourant 200 000 km avec 90 % de capacité résiduelle conserve une autonomie tout à fait exploitable au quotidien. Une longévité qui rivalise avec celle des moteurs thermiques, voire la surpasse sur certains aspects liés à l’usure mécanique.
Kia et Hyundai, champions incontestés de la durabilité
Tous les constructeurs ne se valent pas face à l’épreuve du temps et des kilomètres. Kia culmine à 99 % de SoH moyen sur 152 mesures, tandis que Hyundai affiche 98 % sur un échantillon plus large. Un quasi-sans-faute qui place le groupe coréen dans une catégorie à part. La performance exceptionnelle s’explique par une approche industrielle rigoureuse : systèmes de gestion thermique particulièrement soignés, stratégies de charge conservatrices évitant de solliciter les extrêmes du pack batterie, et optimisation de la chimie des cellules pour maximiser leur longévité.
Derrière le duo coréen, on trouve Volvo à 96 % et MG à 95 %, mais sur des échantillons réduits qui invitent à la prudence dans l’interprétation. Tesla, ultra-majoritaire dans l’enquête avec plusieurs centaines de véhicules recensés, se maintient à un solide 93,5 %. Peugeot (91 %) et Nissan (90,5 %) ferment la marche sans pour autant démériter, leurs niveaux restant largement suffisants pour un usage quotidien même à fort kilométrage. Selon Presse-citron, le marché européen des véhicules électriques a franchi en mai 2026 un cap symbolique : en France, 29,1 % des voitures neuves vendues étaient électriques, soit près d’une sur trois.
Le SoH, nouvel étalon de valeur sur le marché de l’occasion
Pour l’acheteur d’un véhicule électrique d’occasion, ces données changent radicalement la donne. Alors que le kilométrage au compteur fait figure de référence absolue sur le marché des thermiques, il apparaît moins pertinent pour l’électrique. Deux modèles identiques, de la même année avec le même kilométrage affiché, peuvent présenter dix points de SoH d’écart, soit des milliers d’euros de valeur réelle et des dizaines de kilomètres d’autonomie en moins au quotidien.
Demander le SoH avant toute acquisition d’un véhicule électrique devrait devenir aussi naturel que demander le kilométrage pour l’achat d’une thermique. Certains professionnels de l’automobile commencent d’ailleurs à l’intégrer systématiquement dans leurs fiches de revente. La réglementation européenne devrait prochainement les y contraindre, avec l’obligation pour les constructeurs de fournir un « passeport batterie » pour tout véhicule mis sur le marché. Une initiative bienvenue pour assainir le marché de l’occasion et rassurer les acheteurs.
Reste un problème de taille : comment vérifier la fiabilité du SoH communiqué par le vendeur ? Pour Tesla, l’application embarquée affiche directement la donnée. Pour les autres marques, il faut souvent passer par un outil de diagnostic tiers, comme des applications mobiles (par exemple Car Scanner) ou des dongles OBD2 compatibles. Chez certains constructeurs, le passage en concession reste indispensable pour obtenir une mesure certifiée.


