Ferrari Luce : l’électrique qui divise les puristes

Le 25 mai 2026, Ferrari a dévoilé la Luce, sa première voiture 100% électrique à quatre portes et carrosserie liftback. Avec son design atypique et son silence mécanique, elle divise profondément les puristes de la marque. Entre rupture esthétique et abandon du moteur thermique, la Luce remet en question l’ADN même de Maranello.

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Ferrari Luce : l'électrique qui divise les puristes
Ferrari Luce : l’électrique qui divise les puristes © L'Automobiliste

Depuis soixante-dix ans, Ferrari a construit son mythe sur des silhouettes basses, tendues, immédiatement reconnaissables. Le 25 mai 2026, le constructeur italien a présenté une voiture qui casse tous les codes : plus haute, généreuse en volumes, dotée de quatre portes et d’une carrosserie liftback. La Luce n’est pas juste une Ferrari électrique. C’est une Ferrari qui ose être différente, et cela fait peur.

Une Ferrari qui ne ressemble à aucune autre : le choc esthétique de la Luce

La réaction des marchés a été immédiate et brutale. En vingt-quatre heures, l’action Ferrari a chuté de 6%. Rarement une présentation automobile avait provoqué un tel séisme boursier. La Luce bouscule tout : ses proportions, sa hauteur généreuse, son architecture liftback à quatre portes. Rien ne rappelle la 812 Superfast ou la SF90 Stradale. Même la Purosangue, lancée en 2023 et déjà controversée pour son format SUV, conservait une certaine retenue dans ses lignes. La Luce, elle, assume une rupture frontale.

Liftback, hauteur généreuse, volumes épurés : où sont les codes Ferrari ?

Les puristes cherchent en vain les marqueurs visuels qui font une Ferrari. Pas de capot interminable laissant deviner un V12. Pas de flancs sculptés par l’aérodynamique. La Luce affiche une silhouette presque monolithique, où les volumes priment sur les détails. Ses 1 050 chevaux électriques se cachent dans une carrosserie qui privilégie l’habitabilité et le confort sur quatre places. Selon PassionAndCar.fr, la Luce brouille les frontières entre grand tourisme, crossover de luxe et supercar.

Pour la première fois depuis la 456 GT Sedan (exemplaire unique pour le sultan de Brunei), Ferrari propose une quatre portes de série. Mais contrairement aux berlines sportives allemandes, la Luce n’emprunte pas les codes du segment. Elle invente sa propre grammaire stylistique, au risque de perdre ses fidèles.

Pourquoi le design étranger dérange les puristes

Les forums de passionnés bouillonnent. Beaucoup dénoncent un design « d’origine étrangère », une formule pudique pour exprimer que la Luce ne ressemble pas à ce qu’on attend d’une voiture dessinée à Maranello. Les proportions rappellent davantage certaines créations chinoises ou américaines que l’héritage de Pininfarina. Depuis toujours, Ferrari privilégie des silhouettes basses, tendues et immédiatement reconnaissables. La Luce adopte une approche différente, presque provocante.

À 550 000 euros, elle devient le modèle le plus cher de la gamme régulière. Un tarif qui interroge : les clients accepteront-ils de payer ce prix pour une voiture qui ne crie pas « Ferrari » au premier regard ?

L’électrique peut-il conserver l’âme Ferrari ?

Au-delà du style, la vraie fracture est mécanique. Ferrari a bâti sa légende sur le rugissement des V8 et V12. La SF90 Stradale et la 296 GTB ont introduit l’hybridation, mais conservaient un moteur thermique au cœur de l’expérience. La Luce supprime cette composante émotionnelle fondamentale. Reste la puissance brute, la violence des accélérations, le couple instantané. Mais suffit-il à faire une « vraie » Ferrari ?

Au-delà des 1 050 chevaux : la Luce doit prouver qu’elle est une « vraie » Ferrari

Les ingénieurs de Maranello promettent une expérience inédite. La Luce doit être capable d’avaler de longues distances dans un silence presque irréel avant de libérer instantanément toute sa puissance lorsqu’une route intéressante se présente. Un grand tourisme électrique, en somme. Mais le grand tourisme Ferrari a toujours été synonyme de sonorité envoûtante, de montée en régime progressive, de dialogue avec la mécanique.

Avec la Luce, Ferrari adopte une vision plus large de la notion de grand tourisme. Fini le conducteur comme seul centre d’intérêt. Place à une voiture familiale, capable de transporter quatre adultes sur de longues distances, sans compromis sur les performances. Une évolution logique pour certains, une trahison pour d’autres.

Le silence du moteur électrique vs le rugissement du V12 : une perte irremplaçable ?

Sur les réseaux sociaux, les témoignages de propriétaires Ferrari multipropriétaires se multiplient. Beaucoup possèdent déjà une SF90 ou une 296 GTB hybride. Ils apprécient la technologie, mais avouent préférer leurs modèles thermiques pour les sorties du dimanche. Le silence de l’électrique, aussi reposant soit-il au quotidien, ne procure pas la même émotion qu’un V12 à 8 000 tours/minute.

En 2025, 84% des Ferrari neuves ont été vendues à des propriétaires existants, dont 56% possédaient déjà au moins une Ferrari dans leur collection. Ces chiffres, rapportés par Numerama, montrent à quel point la marque dépend de sa clientèle fidèle. Imposer un modèle électrique controversé à ces collectionneurs pourrait se révéler périlleux.

Quatre portes, liftback, grand tourisme : Ferrari abandonne-t-elle le conducteur ?

Pendant longtemps, les Ferrari ont privilégié le conducteur avant tout. Sièges baquets, position de conduite sportive, ergonomie focalisée sur le pilotage. La Luce inverse la hiérarchie. Ses quatre vraies places, son coffre généreux, son confort de roulage visent une clientèle qui recherche performances et usage quotidien sans compromis. Une clientèle qui existe, comme le prouve le succès de la Purosangue.

La Purosangue avait déjà divisé. La Luce enfonce le clou.

Lancée en 2023 à 406 800 euros (ajusté à l’inflation), la Purosangue a vu sa valeur grimper de 17%. Aujourd’hui, impossible d’en trouver une sous 475 000 euros sur le marché de l’occasion. Les sceptiques se sont trompés : Ferrari pouvait produire un SUV sans trahir son ADN. Mais la Purosangue conservait des proportions sportives, un V12 atmosphérique, une vraie identité Ferrari.

La Luce va plus loin. Trop loin ? Les premiers retours des essais presse seront déterminants. Si les journalistes valident l’expérience de conduite, si la voiture procure des sensations dignes du blason, la controverse s’éteindra. Dans le cas contraire, Ferrari risque de créer une génération de clients déçus, comme peuvent l’être certains fans de marques iconiques face à des évolutions radicales.

Témoignages de propriétaires : entre curiosité et déception

Sur les forums spécialisés, les avis divergent radicalement. Certains propriétaires de F12 Berlinetta (lancée à 274 400 euros en 2013, aujourd’hui valorisée autour de 253 000 euros) voient dans la Luce une opportunité d’élargir leur collection avec une voiture utilisable au quotidien. D’autres, attachés aux modèles thermiques purs, refusent catégoriquement l’idée d’une Ferrari silencieuse.

Un collectionneur témoigne anonymement : « J’ai commandé une Luce par curiosité, mais je garde mes doutes. Si elle ne me procure pas l’émotion d’une 812, je la revendrai rapidement. » Précisément le scénario que Ferrari redoute.

L’aveu de Ferrari : « l’électrique reste un choix, jamais une contrainte »

Face aux rumeurs relayées par Bloomberg, selon lesquelles l’achat de la Luce serait obligatoire pour accéder aux modèles ultra-exclusifs, Ferrari a catégoriquement démenti via son directeur commercial Enrico Galliera. « Nous sommes heureux pour nos clients qui souhaitent acheter, mais nous devons nous assurer que quiconque achète cette voiture soit vraiment convaincu de son choix, ne doit pas être forcé », a-t-il déclaré à The Drive.

Pourquoi le constructeur redoute les clients non convaincus

Enrico Galliera a été explicite sur les risques d’une stratégie de vente forcée : « Si on vend une voiture à un client qui ne la désire pas, il sera le premier ambassadeur négatif. Il parlerait en mal de la Luce et, au bout de quelques mois, la revendrait. Cela détruirait sa valeur résiduelle sur le marché, ce qui est précisément le problème auquel est confronté aujourd’hui le secteur des voitures électriques de luxe. »

Ferrari a donc instruit ses concessionnaires de cibler uniquement les passionnés véritablement intéressés par le modèle. Une approche prudente, presque défensive, qui contraste avec l’enthousiasme habituel du constructeur lors d’un lancement. Malgré la controverse, la Luce se vendrait « comme des petits pains », selon certaines sources proches du dossier.

Reste à savoir si ces ventes reflètent un véritable engouement ou une simple spéculation. Les prochains mois diront si la Luce suivra la trajectoire de la Purosangue (valorisation en hausse) ou celle de la GTC4 Lusso (dépréciation de 31% depuis son lancement en 2016). Ferrari joue gros : son premier modèle 100% électrique doit prouver qu’une voiture sans moteur thermique peut encore incarner le sommet du luxe, de l’innovation et des performances. Une mission impossible ? Les passionnés attendent les premières livraisons avec un mélange de curiosité et d’appréhension.

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