Le 24 avril 2025, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a dévoilé les données d’immatriculations de véhicules pour le premier trimestre. En Europe, la voiture électrique semble confirmer son implantation, mais dans une dynamique bien plus contrastée qu’annoncée par les slogans des salons.
Volkswagen domine la voiture électrique en Europe : changement de garde
Le géant allemand a frappé fort. Sur les trois premiers mois de 2025, le groupe Volkswagen a enregistré 65 679 immatriculations de véhicules électriques, soit une explosion de +157 % par rapport à l’an dernier. Cette montée en puissance a propulsé la marque au sommet des ventes électriques en Europe, détrônant Tesla pour la première fois.
Ce bond spectaculaire s’explique par l’élargissement stratégique de la gamme : ID.4, ID.3, et même le nouveau Tiguan hybride rechargeable séduisent les flottes comme les particuliers. Des volumes inédits qui confèrent à VW une part de marché mensuelle de 26,8 % en février selon L’Argus.
À l’opposé, Tesla affiche un essoufflement brutal. Le constructeur américain, jadis incontesté, s’est effondré avec 53 237 véhicules vendus au T1, en recul de 38 %. En février seul, la baisse atteint –40,1 %, au point de reléguer la marque d’Elon Musk au statut de suiveur. Le Model Y conserve la tête des ventes par modèle avec 29 770 unités, mais la dynamique n’y est plus.
Tesla en chute libre : effet Musk, stratégie confuse et désamour européen
Difficile de minimiser la gifle : Tesla accuse une baisse de 45 % au T1 2025, soit 36 167 immatriculations contre 65 774 l’année précédente. L’explication ? Multiforme, mais limpide. D’abord, le boycott massif des consommateurs européens. Depuis que Musk s’est rapproché de Donald Trump, endossant même un rôle de conseiller officieux à la Maison-Blanche, les appels à se détourner de la marque se sont intensifiés.
Ensuite, une gamme jugée vieillissante, figée dans un cycle d’optimisations plus que d’innovations. Enfin, une stratégie tarifaire instable et l’arrêt partiel des aides publiques (notamment le bonus écologique en France) achèvent d’asphyxier la compétitivité du constructeur californien. Elon Musk lui-même en a convenu dans son communiqué aux investisseurs : « Le changement des sensibilités politiques pourrait avoir un impact marqué sur la demande pour nos produits à court terme. »
Explosion des hybrides, essor inégal de l’électrique : un marché encore fracturé
Dans le même temps, les véhicules électriques ont progressé globalement de 17,1 % en mars dans l’Union européenne. Leur part de marché atteint 15,2 %, selon 20 Minutes. La tendance est là… mais loin d’être homogène.
En Allemagne, la progression atteint +30,8 %, avec 35 949 voitures électriques vendues (L’Argus). En Espagne, l’essor est confirmé. Mais en France, les immatriculations ont chuté de 14 %, pénalisées par la réduction du bonus écologique. Selon l’ACEA, cette progression reste « inférieure au niveau nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques ».
Pendant ce temps, les véhicules hybrides explosent : +18,3 % sur l’ensemble de l’Europe, et 35,3 % de parts de marché. Ils s’imposent comme compromis rassurant entre thermique et 100 % électrique. Résultat ? L’hybride supplante l’essence (28,7 %) et le diesel (moins de 8 %), et grignote désormais les parts de l’électrique pur.
Le premier trimestre 2025 marque une inflexion majeure : Tesla recule spectaculairement, Volkswagen triomphe, Renault s’ancre dans le peloton de tête. Mais derrière les chiffres, une fracture se dessine : les États membres ne convergent ni sur les ventes ni sur les politiques de soutien.


