La hausse du prix des carburants pousse les Français vers le bioéthanol E85, un mouvement amplifié par la guerre en Iran et la crise énergétique actuelle. Face au renchérissement des énergies fossiles, de nombreux conducteurs regardent l’E85 pour ses avantages économiques et environnementaux. Les acteurs de la filière s’en réjouissent et y voient un potentiel de long terme pour le développement et l’autonomie énergétique du pays.
Production française et acteurs du marché
La France est l’un des leaders européens pour la production de bioéthanol, en utilisant surtout des matières premières locales comme la betterave, les céréales et les résidus sucriers. Nicolas Kurtsoglou, porte-parole du syndicat Bioéthanol France, avance que la production nationale actuelle de 12 millions d’hectolitres pourrait monter à 18 millions d’hectolitres pour renforcer l’indépendance énergétique du pays, en complément du nucléaire, rapporte franceinfo.
Depuis 2022, la France est devenue importatrice nette : environ 30 % de son éthanol vient de pays voisins, alors que le pétrole est importé à 99 %. Cela s’explique en partie parce que les États-Unis et le Brésil concentrent les trois quarts de la production mondiale de bioéthanol, tandis que l’Europe ne représente que 6 à 7 % de cette production.
Les automobilistes, l’adoption et les stations
Aujourd’hui, 500 000 automobilistes roulent à l’E85 en France : deux tiers l’utilisent grâce à un boîtier E85 et un tiers avec des véhicules conçus spécifiquement pour ce carburant. Pour utiliser l’E85, il faut soit un véhicule adapté, soit installer un boîtier homologué.
Le bioéthanol E85 contient entre 60 % et 85 % d’éthanol, l’essence restant en proportion minoritaire. Le réseau de distribution est bien développé : plus de 4 000 stations-service proposent de l’E85 sur 10 000, ce qui rend cette solution accessible à 93 % des Français qui vivent à moins de dix kilomètres d’une station.
Ce que ça change pour le porte-monnaie
Sur la première quinzaine de mars, alors que les carburants ont en général augmenté, le prix du E85 n’a grimpé que de 0,02 €, contre 0,16 € pour le sans-plomb 95 et 0,32 € pour le gazole. Des taxes plus faibles et la forte part d’éthanol aident à maintenir un prix compétitif : le coût moyen du E85 est estimé à 0,70 € en 2025, contre 1,70 € pour le sans-plomb 95 à la même période.
Les économies sont non négligeables. Selon Nicolas Kurtsoglou, un automobiliste pourrait économiser environ 700 € sur un trajet annuel de 13 000 kilomètres. L’intérêt des consommateurs se voit aussi en ligne : les visites de la page Facebook « Superéthanol E85 » sont passées de 800 à 20 000 vues par jour en mars.




