Les premiers versements de l’aide destinée aux « grands rouleurs » devaient débuter le 6 juin 2026. Au vendredi 12 juin, aucun paiement n’avait encore été effectué. Après des révélations de RMC, le ministère de l’Économie et des Finances, interrogé par Le HuffPost, a confirmé qu’aucune somme n’avait alors été versée aux bénéficiaires.
Cette prime de 100 euros, réservée aux travailleurs modestes qui utilisent leur voiture pour se rendre au travail, doit en théorie arriver directement sur le compte bancaire du demandeur dans un délai d’environ dix jours. Près de 3 millions de travailleurs français remplissent les conditions pour la réclamer. Elle ne peut être perçue qu’une seule fois par personne.
Un afflux de demandes plus important que prévu
Les premières demandes ont pu être déposées sur le site des impôts à partir du 27 mai 2026, et les Français ont jusqu’au 30 juillet pour effectuer la démarche. Bercy explique le retard par un succès inattendu du dispositif dès son lancement.
« Le dispositif a rencontré un très fort succès dès son lancement, avec plus de 830 000 demandes déposées à ce jour », a indiqué le ministère au HuffPost. Près de 500 000 dossiers avaient été enregistrés dès les premiers jours, un volume qui a nécessité des vérifications supplémentaires avant de déclencher les premiers paiements.
Le ministère assure avoir dû s’assurer que les dossiers étaient complets et conformes aux critères d’éligibilité, pour éviter erreurs et fraudes. Les systèmes informatiques ont également dû être adaptés contre le risque de cyberattaque, les dossiers contenant des données sensibles comme les numéros fiscaux et les coordonnées bancaires des bénéficiaires.
Bercy promet désormais un déblocage progressif : « Les premiers versements de l’aide pour les travailleurs grands rouleurs interviendront au cours de la semaine prochaine », a précisé le ministère. Le rythme initialement annoncé devrait ensuite être tenu, à savoir « un peu plus de 10 jours après chaque nouvelle demande ».
Pour vérifier son éligibilité, un simulateur gratuit est disponible sur impots.gouv.fr. Les conditions sont au nombre de trois :
- être domicilié fiscalement en France,
- utiliser son véhicule pour se rendre au travail en tant que salarié ou indépendant,
- et disposer d’un revenu fiscal de référence inférieur ou égal à 16 880 euros par part fiscale.
La demande nécessite plusieurs documents : l’avis d’imposition sur les revenus 2024 établi en 2025, le numéro fiscal, le numéro d’immatriculation du véhicule et le numéro de carte grise. Il est recommandé de conserver l’ensemble de ces justificatifs, car le versement de l’aide peut donner lieu à un contrôle fiscal dans les cinq années suivantes.

