Depuis quinze ans, Marie fait le plein de sa vieille Mercedes avec de l’huile alimentaire usagée plutôt qu’avec du gazole. Cette pratique, suivie par les équipes de France 3, lui permet, avec son mari, de limiter drastiquement le passage à la pompe.
Elle intervient alors que le litre de gazole avoisine 2,25 euros en cette rentrée 2026, une hausse liée aux tensions géopolitiques et au contexte international tendu, qui ont perturbé le trafic pétrolier, notamment dans le détroit d’Ormuz. Faire le plein est devenu un casse-tête pour de nombreux automobilistes, et certains cherchent des solutions pour desserrer l’étau.
Une odeur de frites qui suit la voiture
Marie récupère des bidons de 25 litres auprès de restaurateurs, de food-trucks ou d’associations, généralement après des événements. Il lui arrive aussi de récupérer de l’huile dans des restaurants asiatiques. Avant utilisation, ce liquide de friture doit reposer, être décanté puis filtré à plusieurs reprises.
« Moi, je suis dans une démarche de recyclage. Au lieu de jeter, on récupère tout ce qui peut être récupéré », explique-t-elle dans un entretien accordé à France 3. Elle assure aussi que ce carburant de récupération « pollue beaucoup moins que le gazole » et que très peu de personnes connaissent cette technique.
L’inconvénient, c’est l’odeur. « Les gens qui roulent derrière moi peuvent sentir la frite ou les nems », reconnaît Marie, qui précise que certains restaurateurs ne changent pas souvent leur huile, ce qui accentue les effluves quand elle roule ou s’arrête à un feu rouge.
Seules les vieilles voitures supportent généralement ce type de carburant : les modèles récents, aux technologies plus sensibles, s’en accommodent mal. L’hiver complique aussi les choses, l’huile ayant tendance à se solidifier, ce qui oblige parfois à installer un système de réchauffement. À terme, elle peut également encrasser certaines pièces du véhicule, notamment les injecteurs.
Lucas, lui, a opté pour une méthode plus simple. Depuis deux ans, il achète directement de l’huile de colza en magasin, sans la récupérer ni la filtrer, et la mélange avec du gazole, complété par un peu de diesel. Il affirme économiser près de 70 centimes par litre grâce à ce procédé.
Une pratique illégale, malgré des contrôles rares
Rouler à l’huile alimentaire reste illégal, même si le risque de contrôle demeure faible. Toutes les voitures diesel ne peuvent pas fonctionner avec ce carburant alternatif, qui peut provoquer une panne immédiate ou un encrassement du moteur selon les modèles. Les économies réalisées à la pompe risquent alors d’être effacées par des factures de réparation bien plus lourdes.
D’autres automobilistes préfèrent des stratégies moins risquées, comme surveiller en temps réel les prix affichés dans les stations-service pour profiter de la moindre baisse. Il y a quelques jours, une station-service a d’ailleurs vendu par erreur du carburant à 1,24 euro le litre, provoquant une ruée des automobilistes venus faire le plein.



