Depuis le mardi 7 juillet 2026, toute voiture neuve vendue en Europe doit être équipée de deux systèmes jusque-là optionnels : un freinage d’urgence automatique et un dispositif de surveillance du regard, conçu pour lutter contre l’endormissement au volant. La mesure, issue d’une nouvelle réglementation européenne, s’applique aux voitures particulières et aux utilitaires légers neufs.
Le premier système repose sur une caméra fixée à l’avant du véhicule. Elle détecte automatiquement les signes de fatigue ou d’inattention du conducteur, par exemple quand celui-ci fixe son téléphone ou la console centrale au lieu de la route. Arnaud Aymé, spécialiste transports au cabinet SIA, décrit une « caméra qui détecte automatiquement des signes de fatigue ou d’inattention, et qui, dans ce cas-là, émet un signal sonore ».
Le second système concerne le freinage. Dès que la voiture dépasse 50 km/h et détecte un danger, elle freine d’elle-même, ce qui doit permettre de mieux protéger les piétons et les cyclistes. Un signal lumineux accompagne ce freinage automatique : les feux arrière, au lieu de s’allumer fixement, clignotent.
Arnaud Aymé confir sur RMC : « au lieu d’avoir des feux stop qui simplement s’allument, ces feux stop seront clignotants. Ça vise à prévenir de manière encore plus visible les véhicules derrière ».
La Commission européenne estime que ces deux dispositifs permettraient d’éviter jusqu’à 25 000 morts d’ici à 2038.
Un surcoût qui pourrait ne pas être répercuté
L’intégration de ces caméras et capteurs a un prix, que les constructeurs devront absorber ou répercuter sur leurs modèles. Arnaud Aymé chiffre, « un coût qui se chiffre en centaines d’euros pour atteindre le millier d’euros. Ça reste marginal sur des modèles haute-gamme, mais par contre c’est tout à fait significatif sur des modèles d’entrée de gamme ».
Une voiture premium absorbe facilement quelques centaines d’euros supplémentaires ; un modèle d’entrée de gamme, destiné aux ménages aux budgets serrés, encaisse plus difficilement la hausse.
Certains automobilistes pourraient se tourner vers l’occasion ou garder leur véhicule actuel plutôt que de payer ce surcoût. Rien ne dit pourtant que les constructeurs choisiront de le répercuter sur les étiquettes. Michel Holtz, journaliste automobile pour le site Caradisiac.com, se montre prudent sur ce point : « ce n’est pas sûr », dit-il, avant d’évoquer un contexte de baisse des ventes de voitures neuves qui pourrait pousser les marques à limiter la hausse des prix pour continuer à vendre des voitures.
Reste la question des données. Les nouveaux systèmes suscitent des critiques chez les consommateurs, qui s’interrogent sur l’usage fait des images captées par la caméra de surveillance du regard. Sur Le Supplément du Morning RMC, Michel Holtz relève que les automobilistes « ne savent pas ce qui est fait du contenu de ces caméras ». Il tranche en estimant que personne n’est content, sauf la sécurité routière.
L’obligation ne s’applique qu’aux voitures achetées à partir du 7 juillet 2026. Les véhicules déjà immatriculés ne sont pas concernés, et leurs propriétaires n’ont aucune installation à effectuer après coup. Les futurs acheteurs sont invités à vérifier précisément les équipements inclus dans le modèle choisi, et leur éventuelle incidence sur le prix, avant de signer.



