Le 5 novembre 2026, la grève unitaire de la SNCF n’affectera pas que les voyageurs en train : les automobilistes français doivent s’attendre à une saturation des routes majeures, notamment sur l’axe Paris-Marseille, lors des retours de vacances de Toussaint. L’appel lancé le 15 octobre par les quatre syndicats représentatifs (CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots) transformera cette journée en cauchemar routier pour des centaines de milliers d’automobilistes contraints d’abandonner le train.
La grève SNCF : une aubaine pour les routes ?
L’unité syndicale affichée par les quatre organisations représentatives de la SNCF laisse présager des perturbations massives du trafic ferroviaire. Les revendications portent sur une augmentation générale des salaires, une revalorisation des primes et l’instauration d’un véritable 13e mois pour tous les cheminots, qu’ils soient titulaires ou contractuels. Face à un bénéfice net semestriel record de 1,2 milliard d’euros annoncé en juillet 2026, les syndicats estiment leurs demandes légitimes.
Novembre 2026 : un mois critique pour la mobilité
Le calendrier choisi amplifie l’impact du mouvement social. La grève intervient la veille de l’inauguration du TGV M entre Paris et Marseille, prévue le 6 novembre. Ce nouveau matériel roulant offre 740 places par rame, soit 20% de capacité supplémentaire par rapport aux générations précédentes. Le timing stratégique vise clairement à maximiser la pression sur la direction avant cette vitrine technologique majeure. Fabien Villedieu, représentant syndical, a confirmé sur les réseaux sociaux que « le 5 novembre les 4 fédérations représentatives de la SNCF appellent à une grande grève sur nos salaires, nos emplois et nos conditions de travail ».
Report modal : automobilistes en première ligne
Lorsque les trains s’arrêtent, les voitures prennent le relais. L’absence de plan de transport définitif à ce stade (la SNCF publiera sa programmation le 4 novembre à partir de 17h) empêche toute anticipation précise. Néanmoins, l’expérience des précédentes grèves nationales démontre un report modal massif vers la route. Les automobilistes devront composer avec des axes saturés, des temps de trajet multipliés et une congestion exceptionnelle sur les grands itinéraires interurbains.
Axes Paris-Marseille et régionaux saturés
L’A7, artère vitale entre la capitale et la cité phocéenne, concentrera une partie significative du trafic détourné. Les usagers habituels du TGV Paris-Marseille (3h20 en train) devront envisager 7 à 9 heures de trajet automobile, voire davantage en cas d’embouteillages. Les A6, A10 et A13 subiront également une pression accrue. En région, les réseaux TER étant particulièrement vulnérables aux mouvements sociaux, les routes départementales et nationales absorberont le flux des trajets domicile-travail habituellement effectués en train. Les alternatives aux autoroutes pourraient sembler attractives, mais risquent d’être rapidement engorgées.
Retours de vacances de Toussaint : le scénario catastrophe
Le 5 novembre coïncide avec les derniers retours de vacances de Toussaint. Des milliers de familles avaient programmé leur trajet en train pour éviter justement les encombrements routiers traditionnels de cette période. La grève les contraint à revoir leurs plans. Les transports en commun desservant les aéroports parisiens (Roissy et Orly) pourraient également connaître des perturbations, compliquant les déplacements aéroportuaires et générant un trafic automobile supplémentaire sur les autoroutes A1 et A6b.
Préparer votre trajet le 5 novembre
Anticiper devient impératif. La réunion de négociation prévue le 3 novembre au siège de la SNCF à Saint-Denis, présidée par Jean Castex, pourrait déboucher sur un accord de dernière minute. Toutefois, l’unité syndicale et la fermeté des revendications rendent ce scénario peu probable. Les automobilistes doivent donc envisager le pire et planifier leurs déplacements en conséquence.
Itinéraires alternatifs et autoroutes à éviter
Privilégiez les départs très matinaux (avant 6h) ou tardifs (après 20h) pour échapper aux pics de trafic. Consultez les prévisions Bison Futé 48 heures avant le départ. Les applications GPS en temps réel (Waze, Google Maps) permettront d’ajuster l’itinéraire selon les conditions observées. Évitez absolument les grands axes autoroutiers entre 8h et 12h, puis entre 16h et 20h. Les routes nationales, bien que moins rapides, offriront parfois des alternatives viables si les autoroutes sont paralysées. Prévoyez des marges temporelles confortables : un trajet habituel de 4 heures pourrait facilement en durer 7.
Covoiturage et solutions de mobilité partagée
Le covoiturage connaîtra un pic d’activité le 5 novembre. Les plateformes comme BlaBlaCar affichent déjà une hausse des recherches pour cette date. Partager les frais et l’effort de conduite présente un double avantage économique et écologique. Les aires de covoiturage situées aux abords des grandes agglomérations faciliteront les rencontres entre conducteurs et passagers. Pour les trajets quotidiens, envisagez le télétravail si votre employeur l’autorise. La réglementation routière impose également de respecter les véhicules prioritaires, particulièrement sollicités en cas de congestion exceptionnelle.
Au-delà du 5 novembre : réfléchir aux alternatives
La grève du 5 novembre s’inscrit dans un contexte interprofessionnel plus large, avec un appel national à la mobilisation sur les salaires et le budget 2027. D’autres journées d’action pourraient suivre si les négociations échouent. Pour les automobilistes réguliers, ce mouvement social rappelle la fragilité du système ferroviaire français et la nécessité de diversifier les options de déplacement. L’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire, dénoncée par les syndicats comme source de difficultés, pourrait à terme modifier le paysage de la mobilité interurbaine.
En attendant, le 5 novembre 2026 restera dans les mémoires comme une journée noire pour la circulation routière française. Les automobilistes avisés ont déjà commencé à reprogrammer leurs déplacements. Ceux qui n’ont pas le choix devront s’armer de patience, vérifier leur niveau de carburant et prévoir des pauses régulières. La saturation annoncée transformera les autoroutes en parkings géants, rappelant que la dépendance automobile comporte aussi ses limites lorsque des centaines de milliers d’usagers se retrouvent simultanément sur les mêmes axes.
