La fréquentation des autoroutes françaises a reculé de 3,4 % sur les six derniers mois de 2026, par rapport à la même période en 2025, tous exploitants confondus. C’est la première fois depuis la fin de la pandémie de Covid-19 qu’un tel repli est enregistré.
En cause : le coût des péages, jugé trop élevé, et le prix de l’essence, perçu comme nettement moins cher en dehors du réseau autoroutier. De plus en plus d’automobilistes préfèrent rallonger leur trajet pour alléger la facture.
Sur l’axe Paris-Lyon, l’écart est net. Selon franceinfo, le trajet par autoroute dure 4 h 41 pour 96,10 euros, contre 7 h 19 par la nationale pour 59,91 euros, soit 36,19 euros d’économie pour 2 h 38 de route supplémentaires.
TF1 Info a de son côté chiffré le trajet Paris-Marseille en véhicule diesel : 172 euros cet été 2026, soit 26 euros de plus que l’été 2025. Sur cette hausse, 25,50 euros proviennent de la seule augmentation du prix du gasoil, quand le péage n’a grimpé en moyenne que de 50 centimes.
Un automobiliste interrogé par TF1 affirme avoir payé l’essence 2,35 euros, un prix qu’il juge inédit, et dit ne jamais faire le plein sur autoroute. Une retraitée reconnaît de son côté que la nationale est plus longue mais moins chère, un choix qu’elle dit pouvoir se permettre grâce au temps disponible qu’offre la retraite, contrairement à l’époque où elle travaillait et où l’autoroute restait son moyen privilégié.
Des vacanciers prêts à perdre du temps pour économiser
Didier, automobiliste retraité, a parcouru près de 1 000 kilomètres du Mans à Aix-en-Provence en évitant l’autoroute, caravane accrochée à son véhicule. « Je suis venu par la nationale avec la petite 208, 15 heures de route », raconte-t-il aux équipes de TF1. Pour lui, le calcul est simple : le diesel est cher, l’autoroute est chère, et cela représente un gros budget pour les retraités comme lui.
Cécile Berger, gérante d’un camping dans les Bouches-du-Rhône situé en bordure de la nationale 7, observe le même phénomène du côté des vacanciers de passage. Elle décrit une route habituellement secondaire devenue plus chargée que l’autoroute voisine : son camping bordant la nationale 7, elle constate, surtout en 2026, que la nationale est beaucoup plus chargée que l’autoroute qui passe à proximité, alors que d’habitude on y voyait les bouchons qui descendaient vers la Côte d’Azur.
Le péage du viaduc de Millau, en Aveyron, facturé 13,80 euros, illustre aussi ce réflexe d’économie. Un simple détour de 15 minutes permet de l’éviter. Une mère de famille interrogée par TF1 préfère garder cet argent pour ses enfants : elle préfère qu’ils aillent faire autre chose que payer l’autoroute.
Un autre vacancier justifie ce choix par le gain de pouvoir d’achat que cela représente, confiant au micro de TF1 vouloir « pouvoir faire plaisir aux enfants ».
D’autres automobilistes optent pour une solution intermédiaire, empruntant une bonne portion d’autoroute avant de terminer leur trajet sur la nationale pour alléger les frais. Rouler à 100 km/h sur autoroute avec un gros véhicule entraînerait par ailleurs une surconsommation de carburant, selon l’un d’entre eux.
Le trafic sur les lignes TGV de la SNCF a par ailleurs progressé de près de 3 % depuis le début de l’année 2026.


