Alors que la sécurité routière se durcit, la question de l’accès aux plaques d’immatriculation frauduleuses reste entière. Malgré les efforts pour resserrer les règles, il semble que le marché des plaques « bidon » ne soit pas complètement verrouillé. L’enquête menée par Auto Plus, via des visites en caméra cachée, met en lumière des failles dans le processus de fabrication et de délivrance, similaires aux problèmes posés par les plaques d’immatriculation fantaisie.
Une enquête qui dérange
L’enquête d’Auto Plus montre à quel point il peut être étonnamment simple de se procurer des plaques d’immatriculation frauduleuses. L’équipe, avec « notre espion » sur le terrain, s’est rendue dans plusieurs enseignes pour tester la rigueur des procédures. Des expériences similaires dans le passé avaient déjà montré que l’acquisition de telles plaques était possible, et cette fois encore les résultats vont dans le même sens.
À chaque visite, différentes approches ont été tentées. Par exemple, chez Carter-cash, les enquêteurs ont prétexté des plaques abîmées sans présenter aucun document. L’employé est resté ferme : « Je ne peux pas faire de plaques sans. Il me faut les papiers originaux. On a eu trop de soucis : si vous saviez le nombre de copies de fausses cartes grises que l’on nous a présentées… Donc, nous sommes devenus inflexibles ».
Des enseignes pas très regardantes
D’autres points de vente ont, en revanche, été beaucoup moins stricts. Chez Clé-minute, l’insistance des enquêteurs a payé : après un premier refus sans les papiers du véhicule, une simple photo a suffi à faire changer d’avis l’employé, qui a accepté de fabriquer les plaques malgré l’absence de justificatifs.
Chez Norauto, l’employé a d’abord hésité parce qu’il n’y avait pas de carte grise, puis a finalement accepté de « dépanner », en demandant toutefois de garder le silence sur cette pratique non conforme : « Bon, je vais vous les fabriquer. Mais surtout ne le dites à personne autour de vous. Parce qu’en théorie, je n’ai pas le droit de le faire ».
Les résultats chez Speedy sont tout aussi parlants : un employé débordé et pressé a pris la commande sans exiger de preuve formelle. Quand la machine du « garage indépendant » était hors service, une solution alternative légale a même été proposée pour contourner le problème.





