TotalEnergies annonce des marges de raffinage en hausse de 146 %

TotalEnergies annonce des marges de raffinage record au troisième trimestre 2026, en hausse de 146 % pour atteindre 33,2 dollars par baril. Le géant français s’attend à des flux de trésorerie exceptionnels avec +2 milliards de dollars pour son secteur raffinage-chimie. Pourtant, les automobilistes ne voient aucun soulagement à la pompe, pris en étau entre raréfaction des produits raffinés et prix élevés.

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TotalEnergies annonce des marges de raffinage en hausse de 146 % © L'Automobiliste

Alors que TotalEnergies annonce une hausse spectaculaire de 146 % de ses marges de raffinage au troisième trimestre 2026, atteignant 33,2 dollars par baril contre 13,5 dollars précédemment, les automobilistes français continuent de subir des prix élevés à la pompe. Le groupe prévoit des flux de trésorerie « exceptionnels », avec une augmentation de 2 milliards de dollars pour son secteur raffinage-chimie, mais cela ne se traduit pas par une baisse des prix pour les consommateurs.

TotalEnergies et ses bénéfices : un impact limité sur le prix à la pompe

Le 15 octobre 2026, TotalEnergies a présenté des résultats impressionnants avec une marge de raffinage européenne passant de 13,5 à 33,2 dollars par baril. Cette hausse se traduit par une augmentation de 2 milliards de dollars de cash-flow disponible dans le secteur raffinage-chimie par rapport au trimestre précédent.

Selon Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, les raffineries européennes fonctionnent à plein régime, comparées à des « mines d’or ». Le groupe a ainsi augmenté de 10 % ses activités de raffinage pour tirer parti des marges élevées en Europe et dans le monde.

Pourquoi les prix restent-ils élevés malgré les marges record ?

Les marges de raffinage élevées ne signifient pas que TotalEnergies influence les prix à la pompe. Elles reflètent l’écart entre le coût du pétrole brut et le prix des produits finis sur les marchés mondiaux. Les marges de raffinage sont déterminées par l’équilibre entre ces prix, non par les raffineurs eux-mêmes.

Si les produits raffinés coûtent cher, c’est en raison de leur rareté, ce qui permet aux raffineurs de profiter de cette situation. Les automobilistes, en revanche, supportent la hausse des prix sans retour financier.

Pour comprendre pourquoi les prix à la pompe restent élevés, il faut examiner la chaîne de valeur du carburant, de la raffinerie à votre réservoir. Les marges de raffinage ne représentent qu’une petite partie du prix final. Entre le départ du gazole de la raffinerie et son arrivée à la pompe, plusieurs intermédiaires ajoutent leurs marges.

Entre raffinerie et pompe : rôles des intermédiaires

Après raffinage, le gazole est vendu aux distributeurs qui ajoutent leurs marges, influencées par la concurrence, les coûts logistiques et les stratégies tarifaires. En France, les taxes représentent environ 60 % du prix final du gazole, tandis que la marge de raffinage ne pèse que 10 à 15 %.

Ainsi, même si TotalEnergies double sa marge de raffinage, l’impact sur le prix final reste limité. Les variations de prix sont principalement dues aux cours du brut, aux taxes et aux marges de distribution. La rareté des produits raffinés augmente les prix sur le marché global.

Marge de raffinage et prix à la pompe : une distinction nécessaire

La marge brute de 33,2 dollars par baril ne reflète pas le bénéfice net, car elle exclut les coûts opérationnels, les investissements et la fiscalité. TotalEnergies précise que ces marges doivent être ajustées pour calculer le bénéfice net. Les résultats du troisième trimestre, attendus le 29 octobre 2026, donneront une image plus complète.

En attendant, les automobilistes constatent une déconnexion : profits historiques pour les raffineurs, mais prix à la pompe en hausse. Une situation exacerbée par la pénurie de carburant en France, qui a laissé 595 stations sans approvisionnement mi-octobre. Les marges de raffinage élevées s’expliquent par deux crises géopolitiques majeures. La guerre en Ukraine affecte les infrastructures énergétiques, tandis que les tensions au Moyen-Orient perturbent le transport pétrolier crucial par le détroit d’Ormuz.

Ukraine et Moyen-Orient : des facteurs de pénurie

Selon EnergyNews.pro, la capacité de raffinage russe reste indisponible, privant l’Europe d’une source d’approvisionnement clé. La demande mondiale reste stable, mais l’offre ne suit pas, entraînant une envolée des prix des produits raffinés et des marges exceptionnelles pour les raffineurs.

Pour les automobilistes, la raréfaction du gazole signifie des prix plus élevés, indépendamment des marges de raffinage. Même si TotalEnergies redistribuait ses profits, cela ne modifierait pas la tension structurelle de l’offre. Tant que les conflits perdurent, les prix resteront sous pression.

Certains, comme l’écologiste Marine Tondelier, accusent Patrick Pouyanné d’être un « profiteur de crise », mais la situation économique est plus complexe : TotalEnergies subit autant qu’il profite des dysfonctionnements géopolitiques. Le groupe ne fixe pas les prix, mais les subit sur un marché mondialisé.

Vers une normalisation des prix ?

Les automobilistes se demandent quand les prix du gazole baisseront. Cela dépend de l’évolution des conflits géopolitiques. Si les tensions s’apaisent, les capacités de raffinage pourraient être restaurées, normalisant les flux commerciaux et les stocks.

Même si les conflits se résolvent rapidement, la reconstruction des infrastructures prendra du temps. Les capacités de raffinage russes ne se rétabliront pas instantanément. Dans ce contexte de transition énergétique, les investissements dans la production de produits raffinés restent incertains.

En attendant, TotalEnergies publiera ses résultats le 29 octobre 2026. Les automobilistes continueront de subir des prix élevés, coincés entre raréfaction géopolitique et marges record, illustrant la déconnexion entre les profits des raffineurs et le pouvoir d’achat des consommateurs.

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