Michelin ne vend plus seulement des pneus : sa nouvelle carte de recharge pour professionnels bouscule un marché que personne ne l’attendait

Michelin dégaine une carte de recharge capable de croiser trajets, batterie et coûts en temps réel. De quoi transformer la gestion de flotte… ou simplement copier la concurrence ? Les détails qui font la différence.

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Michelin ne vend plus seulement des pneus : sa nouvelle carte de recharge pour professionnels bouscule un marché que personne ne l'attendait
Michelin ne vend plus seulement des pneus : sa nouvelle carte de recharge pour professionnels bouscule un marché que personne ne l’attendait © L'Automobiliste

Michelin lance une nouvelle carte de recharge nommée EV Charge, destinée à faciliter l’approvisionnement en électricité des véhicules professionnels. La solution complète l’activité historique du groupe dans les pneumatiques et s’ajoute cette fois à son offre de services aux entreprises. Elle est portée par Michelin Connected Fleet, filiale dédiée à la gestion de flottes.

Selon l’Automobile Propre, l’offre associe trois éléments : une carte de recharge, une application mobile et des outils de gestion. Elle donne accès à plus de 1,2 million de points de charge publics en Europe et vise en priorité les flottes d’entreprise. L’application permet de localiser les bornes, vérifier leur disponibilité, planifier les déplacements et choisir des solutions de recharge adaptées aux besoins des conducteurs.

Un seul support remplace donc la multiplication des abonnements et des moyens de paiement que connaissent souvent les gestionnaires de parcs.

Sur la tarification, Michelin promet l’absence de majoration par rapport aux prix pratiqués par les réseaux partenaires, avec la possibilité de tarifs négociés dans certains cas. Sur ce point précis, l’offre ne se distingue guère de ce que proposent déjà Chargemap ou la nouvelle carte d’Electra.

La donnée télématique comme argument de vente

Le différenciateur de EV Charge tient à son intégration avec MyConnectedFleet, la plateforme de télématique déjà commercialisée par Michelin. Les données de recharge sont automatiquement croisées avec celles des véhicules : trajets réalisés, consommation énergétique, niveaux de batterie et habitudes des conducteurs.

Les gestionnaires de flotte obtiennent ainsi une vision plus complète de leur parc et peuvent repérer les sessions de recharge les plus coûteuses ou les moins efficaces, dans l’objectif affiché d’émettre des recommandations ciblées.

Pour développer cette brique, Michelin s’est appuyé sur Deftpower, une entreprise néerlandaise spécialisée dans les services de recharge électrique. Sa plateforme MSP-2.0, disponible en marque blanche, gère les accès aux bornes, les paiements, la facturation et l’analyse des sessions de recharge.

EV Charge vient compléter un ensemble de services déjà existant chez Michelin autour de l’électrification des flottes professionnelles. MyConnectedFleet permet d’identifier les véhicules pouvant être remplacés par des modèles électriques selon leurs usages réels et assure le suivi des batteries et de l’autonomie. Depuis 2021, Watèa by Michelin propose de son côté des offres d’abonnement pour les utilitaires électriques, incluant véhicules, infrastructures et services associés, une formule depuis étendue à l’hydrogène.

Le marché français des cartes de recharge pour flottes d’entreprise reste très disputé. TotalEnergies met en avant sa carte Fleet, compatible selon le groupe avec 99 % des bornes publiques françaises et donnant accès à plus de 900 000 points de charge en Europe, avec une option de réduction de 15 % sur ses propres bornes haute puissance.

Chargemap Business, basée à Strasbourg et appartenant au même groupe qu’Automobile Propre, mise sur la centralisation des dépenses : son pass fonctionne sur plus de 1 700 réseaux et sa plateforme suit les recharges effectuées sur bornes publiques, dans les locaux d’entreprise ou au domicile des salariés. L’entreprise a récemment intégré le télépéage à son offre.

Octopus Energy, via Octopus Fleet, propose un abonnement à 5,50 euros HT par mois et par conducteur, sans marge sur l’énergie, avec un accès revendiqué à 97 % des bornes publiques françaises. Un partenariat avec Powerdot lui permet d’appliquer des tarifs dégressifs selon les volumes de recharge. Ionity développe de son côté sa propre carte pour les professionnels, baptisée Ionity Fleet.

Face à cette concurrence, Michelin devra convaincre sur le terrain de la donnée. En rapprochant les informations télématiques des dépenses énergétiques, le groupe promet une analyse plus poussée qu’une simple carte de recharge. L’article a été publié le 14 octobre 2026.

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