Elon Musk a fait décoller une Tesla Roadster devant des centaines de spectateurs : « ce n’est pas un film, c’est la route de 2026 »

Une Tesla qui fait des loopings à l’envers avant de se poser en douceur : ça ne s’invente pas. Prix inconnu, date floue, mais déjà réservable. Folie ou coup de génie ?

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Elon Musk a fait décoller une Tesla Roadster devant des centaines de spectateurs : « ce n'est pas un film, c'est la route de 2026 »
Elon Musk a fait décoller une Tesla Roadster devant des centaines de spectateurs : « ce n’est pas un film, c’est la route de 2026 » © L'Automobiliste

Une rampe incurvée en forme de C, haute de 15 mètres. Tout en haut, la voiture reste collée à la piste, roues tournées vers le ciel, l’espace d’un instant suspendu. Puis elle se détache, pivote et retombe sur ses roues, freinée par des propulseurs à gaz froid dont la poussée atteint jusqu’à 2 G, le tout noyé dans un nuage de fumée qui envahit la piste, décrit le Huffpost.

Cette première cascade a été filmée jeudi 15 octobre 2026 sur la base d’essais de SpaceX à McGregor, près de Waco, au Texas. Elon Musk présentait en personne la nouvelle Tesla Roadster, voiture électrique censée, selon lui, se propulser dans les airs et enchaîner les figures.

« Vous allez voir des choses folles ce soir. Ce que vous allez voir avec vos yeux vous n’allez pas le croire », avait-il lancé en préambule, avant d’évoquer « le résultat de la collaboration entre la meilleure entreprise automobile et la meilleure entreprise de fusées ».

La seconde cascade a suivi : la Roadster, sans conducteur à bord, Musk ayant expliqué ne vouloir tuer personne, s’est élancée au-dessus de plusieurs véhicules Tesla alignés sur 7 mètres, a bouclé un tour complet sur elle-même puis s’est posée grâce à des propulseurs intégrés inspirés des fusées.

Une fois l’exercice terminé, Musk s’est contenté d’un commentaire sobre, concédant que cela avait fonctionné, avant de juger la cascade meilleure que n’importe quelle voiture de James Bond.

Des réservoirs de fusée sous le capot

Le dispositif repose sur un système de ventilateurs à succion placé sous le véhicule, capable d’exercer jusqu’à 2 G, soit deux fois la force de la gravité, pour maintenir la voiture la tête en bas. Cette technologie de succion est directement empruntée à SpaceX, selon Lars Moravy.

La voiture embarque par ailleurs deux réservoirs haute pression en carbone d’une capacité totale de 600 litres, soit 250 kg d’air comprimé. La Roadster peut aussi déployer un aileron arrière et dispose d’une direction steer-by-wire.

Côté performances, Tesla a montré une démonstration enregistrée où la voiture atteint 96,56 km/h en 0,81 seconde, pour une vitesse maximale annoncée à 370 km/h, Musk espérant aller beaucoup plus vite, jusqu’à atteindre Mach 0,5, la moitié de la vitesse du son.

Le youtubeur Marques Brownlee, connu sous le nom MKBHD, a de son côté évoqué un poids supérieur à 1 814 kg et une vitesse potentielle dépassant 611 km/h. Trois versions sont annoncées : Performance, Thrust et Rocket.

Réserver sans connaître ni le prix ni la date

Le modèle est d’ores et déjà réservable en France sur le site officiel de Tesla, moyennant deux acomptes de 5 000 euros puis 45 000 euros. Aucun prix final, aucune date de sortie, ni autonomie, ni caractéristiques de batterie n’ont été communiqués pour ces réservations, même si Tesla a par ailleurs avancé une autonomie d’au moins 482,80 km.

Aux États-Unis, les acomptes annoncés s’élèvent à 50 000 dollars pour la version Performance et 250 000 dollars pour la version Thrust, équipée de propulseurs d’accélération. La production doit débuter en 2028. Sur la légalité du véhicule, Musk a d’abord assuré que « cette voiture sera bien sur les routes », avant de nuancer qu’il n’était pas certain qu’elle serait légale partout.

Scepticisme et émerveillement chez les observateurs de la tech

Les réactions ont oscillé entre fascination et doute. L’investisseur Jason Calacanis s’est enthousiasmé sur X, s’interrogeant sur la possibilité qu’elle puisse vous maintenir en l’air pendant cinq, dix ou trente minutes. L’ancien cadre de PayPal et de Meta David Marcus a salué une époque d’émerveillement, décrivant des cris et des bouches grandes ouvertes dans le public.

D’autres se sont montrés plus réservés. L’analyste Gene Munster, associé directeur chez Deepwater Asset Management, y a vu une démonstration de force technique sans valeur commerciale, si ce n’est d’humilier les constructeurs automobiles traditionnels. L’ancien directeur technique de la réalité virtuelle de Meta John Carmack a renoncé à la version volante, évoquant un risque d’échec embarrassant et préférant rester sur le modèle de base.

Brownlee, lui, a ouvertement douté de la démonstration sur X, se demandant si l’annonce d’une voiture de plus de 1 814 kg capable de flips, de la moitié de la vitesse du son et d’une livraison en 2028 n’était pas une blague.

Le directeur de l’IA chez Meta, Alexandr Wang, s’est quant à lui interrogé, images à l’appui, sur l’identité du conducteur. L’analyste Dan Ives, de Yorkville Ives, a vu dans l’événement une déclaration sur la direction commune des technologies de Tesla et SpaceX, précisant que le Roadster ne ferait pas bouger les volumes de ventes mais restaurerait l’aura haut de gamme de la marque.

Sam Altman, le patron d’OpenAI, a lui aussi félicité Musk sur X malgré leur différend de longue date, jugeant que le nouveau Roadster avait l’air vraiment incroyable. Altman avait pourtant réservé une version antérieure du véhicule avant d’annuler sa commande en octobre 2025, après 7,5 ans d’attente, un épisode qui avait donné lieu à un échange public de piques entre les deux hommes.

Musk, cofondateur et premier soutien financier d’OpenAI, avait quitté le conseil d’administration de l’entreprise en 2018 et s’était depuis montré critique envers la gouvernance d’Altman.

Tesla a par ailleurs annoncé l’arrêt de la commercialisation des Model S et Model X, réorientant sa stratégie vers l’intelligence artificielle, la conduite autonome et la robotique.

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