Permis de conduire à 17 ans, c’est une situation « dramatique »

Depuis le 1er janvier 2024, le permis à 17 ans promet plus d’autonomie aux jeunes, mais est-ce vraiment la solution ?

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Permis de conduire à 17 ans, c’est une situation « dramatique »
Permis de conduire à 17 ans, c’est une situation « dramatique » | L'Automobiliste

Depuis le 1er janvier 2024, l’âge minimum pour obtenir le permis en France est passé à 17 ans. Cette modification, qui a entraîné une montée en flèche des inscriptions dans les auto-écoles, est vue comme un grand pas pour les jeunes en quête d’autonomie. Mais derrière cette belle avancée se cachent pas mal de difficultés pour ceux qui enseignent la conduite.

Les galères des auto-écoles

Les instituts de conduite sont submergés par un nombre d’inscriptions exceptionnel. Résultat : les délais pour s’inscrire et passer l’examen s’allongent considérablement. De plus, le manque d’examinateurs et de moniteurs compétents ne fait qu’amplifier le problème. Même si des aides financières telles que le permis à un euro par jour et le compte personnel d’activité ont été mises en place, beaucoup déplorent qu’il n’y ait pas assez de soutien public pour accompagner ce changement. Patrick Crespo, président du CER Réseau, qualifie la situation de « dramatique » et « critique ».

Le souci avec les examinateurs est particulièrement flagrant. Dès 2021, un dispositif visait à former des examinateurs parmi les salariés de La Poste. Pour l’heure, seule l’école de Nevers (Nièvre) propose cette formation. Patrice Bessone, président de Mobilians Éducation routière, rappelle qu’il faudrait former 200 examinateurs par an, alors que seules 40 personnes peuvent obtenir leur diplôme chaque année.

La hausse démographique et la conduite accompagnée

On prévoit une augmentation de 10 % par an du nombre de jeunes de 18 à 23 ans jusqu’en 2033, ce qui signifie que la demande pour passer le permis ne va pas diminuer. Les délais trop longs pour démarrer la conduite accompagnée découragent certains jeunes, qui préfèrent se lancer directement dans l’examen dès leurs 17 ans. Pour tenter de contourner ce problème, on envisage de reculer l’âge de début de la conduite accompagnée à 14 ans, offrant ainsi deux années complètes de pratique avant l’examen final.

Le président du CER soutient largement cette idée, tout comme l’École de Conduite Française (ECF). Néanmoins, quelques gérants estiment que l’engouement pour le permis a fait que la sécurité routière est moins prisée.

Les jeunes au volant et les questions de budget

Beaucoup de jeunes commencent leur formation dès 15 ans pour être prêts à passer l’examen à 17 ans. Adrien, un lycéen général, est pressé d’obtenir son permis pour gagner en indépendance sociale. Du côté de Léane, étudiante en CAP vente, le permis représente surtout une solution pratique pour ses longs trajets quotidiens.

Le coût reste un frein majeur pour un grand nombre. On envisage même la possibilité de permettre aux parents d’utiliser leur compte personnel de formation (CPF) pour financer le permis de leurs enfants. Un responsable d’auto-école ne mâche pas ses mots à ce propos.

Sécurité sur les routes et maturité des jeunes conducteurs

Côté sécurité routière, les chiffres interpellent vite : en 2022, 549 personnes âgées de 18 à 24 ans ont perdu la vie dans des accidents sur les routes françaises. Pour rappel, même si cette tranche d’âge ne représente que 8 % de la population, elle subit de plein fouet ces drames. Par ailleurs, les jeunes ayant effectué la conduite accompagnée constatent un taux d’accidents quatre fois moins élevé après avoir obtenu leur permis.

La question de la maturité est également posée. Tandis que certains s’interrogent sur la responsabilité de ces jeunes au volant si tôt dans leur vie d’adulte, d’autres estiment que la maturité ne se mesure pas uniquement à l’âge, mais aussi en fonction des expériences personnelles et familiales.

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