« Ceux qui ont acheté des véhicules électriques se retrouveront comme les diesels » : Fabien Bouglé lance un avertissement

Recharger chez soi coûte trois fois moins cher qu’à la borne publique, mais avec un quart de demande électrique en plus si toute la France roulait électrique, les prix tiendront-ils vraiment le choc ?

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« Ceux qui ont acheté des véhicules électriques se retrouveront comme les diesels » : Fabien Bouglé lance un avertissement
« Ceux qui ont acheté des véhicules électriques se retrouveront comme les diesels » : Fabien Bouglé lance un avertissement © L'Automobiliste

Cédric Philibert, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales, spécialiste des questions d’énergie et de climat, estime qu’il ne faudrait pas être trop inquiet sur l’évolution des prix de l’électricité pour la voiture électrique. Sa réponse tranche avec les mises en garde qui circulent sur le sujet, à commencer par celle de Fabien Bouglé, expert en politique énergétique, qui évoquait récemment un piège mortel pour les propriétaires de véhicules électriques dans l’émission « Christine Kelly et vous ».

Une facture domicile trois fois moins salée qu’à la borne

La question posée est simple : le faible coût de la recharge, argument massue en faveur du véhicule électrique, résisterait-il si tous les automobilistes français franchissaient le pas ? Pour l’instant, l’écart avec les carburants classiques reste net. Selon des données EDF, recharger chez soi coûte environ trois fois moins cher que sur une borne publique : 0,17 euro le kilowattheure en heures creuses à domicile, contre 0,55 euro sur borne.

Concrètement, 100 kilomètres reviennent entre 2 et 3,40 euros à la maison, contre 10 euros pour une voiture essence consommant 5 litres aux 100 km à 2 euros le litre. S’ajoutent les avantages pratiques : pas de file d’attente, et la possibilité de programmer la charge la nuit. L’installation d’une borne à domicile peut coûter jusqu’à 1 500 euros, une somme réduite par des aides publiques.

Fabien Bouglé, lui, pointe une autre réalité : celle de la hausse continue du prix de l’électricité, déjà multiplié par deux en dix ans selon lui, et amplifiée à ses yeux par la PPE 3, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Il redoute que les acheteurs de véhicules électriques se retrouvent, à terme, dans la même situation que les automobilistes au diesel ou à l’essence. Emmanuel Macron défend de son côté l’accélération de l’électrification du pays, jugée bonne pour le pouvoir d’achat, la compétitivité et l’indépendance nationale.

Le parc électrique reste pour l’instant modeste : environ million de voitures à batterie, soit 3,5 % des quelque 40 millions de véhicules particuliers en France. Les ventes neuves ont toutefois bondi de 48 % depuis le début de l’année 2026.

Un quart d’électricité en plus si tout le parc basculait

Pour Cédric Philibert, le passage massif à l’électrique est inévitable : « on va être tous plus ou moins obligé de passer à la voiture électrique », dit-il, la présentant comme « la seule façon qu’on a vraiment de décarboner nos transports », avec le vélo et les transports en commun. En France, près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre provient des camions et voitures.

Si l’ensemble du parc automobile passait à l’électrique, la demande d’électricité augmenterait d’environ un quart, selon ses propres mots : « quand nous y serons tous, ça fera une demande à peu près d’un quart d’électricité en plus ! »

Un volume important, mais qui ne l’inquiète pas outre mesure, pour une raison simple : les voitures particulières restent immobiles 23 heures sur 24. Elles peuvent donc rester branchées presque en permanence et se recharger « toujours aux heures creuses, aux heures où il y a beaucoup d’énergie dans le système, beaucoup d’électricité éolienne ou solaire ».

Philibert anticipe même un creusement des écarts de prix entre heures pleines et heures creuses, à mesure que la production renouvelable, par nature variable selon le vent et le soleil, gagnera du terrain.

Reste la question du bilan environnemental global. Le véhicule électrique demeure plus cher à l’achat, surtout avec une batterie à forte autonomie. Mais fabrication comprise, il émet près de quatre fois moins de CO2 qu’un véhicule essence sur l’ensemble de sa durée de vie, et 2,5 fois moins qu’un modèle hybride. Un écart net, tenant notamment au fait que l’électricité française provient rarement du gaz ou du charbon.

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