En France, le prix du gazole atteint en moyenne 2,36 euros selon le ministère de la Transition écologique, et peut grimper jusqu’à 2,84 euros sur certaines autoroutes comme à Fresnay-L’Évêque. Pour faire face à cette hausse des prix du carburant, les pays européens adoptent diverses mesures : réduction des taxes, plafonnement des prix, aides ciblées. Chaque pays déploie sa propre stratégie sans coordination au niveau européen.
Les tensions au Moyen-Orient et les attaques ukrainiennes sur les raffineries russes ont entraîné une hausse soudaine des cours pétroliers. Ainsi, le prix du SP95-E10 atteint 2,11 euros et celui du SP98 2,24 euros. Ces niveaux rappellent la crise énergétique de 2022, marquée par l’invasion russe en Ukraine et la flambée des prix à la pompe.
Les stratégies fiscales : baisse des taxes et mesures techniques
L’Espagne a choisi de réduire la taxe sur l’essence et le diesel à 10 %, diminuant ainsi le prix à la pompe d’environ 22 centimes par litre. De son côté, la Macédoine du Nord a abaissé la TVA à 10 % pour trois mois, offrant un répit temporaire. L’Italie a opté pour une réduction des droits d’accise, baissant de vingt-cinq centimes le prix des carburants. Cette mesure coûte cependant un milliard d’euros sur six semaines aux finances italiennes.
La Serbie a également réduit ses droits d’accise de 60 %, entraînant une baisse de 18 centimes par litre à la pompe. En revanche, le dispositif automatique du Portugal, qui diminue les taxes lorsque les prix augmentent, n’offre qu’une économie de trois centimes par litre.
Le plafonnement des prix : un bouclier contre la hausse
Le Luxembourg, la Belgique et la Croatie ont instauré un prix maximum recalculé chaque semaine pour contenir les prix sous deux euros par litre. La Hongrie a imposé un plafonnement drastique pour les véhicules immatriculés dans le pays, maintenant les prix à leur niveau d’avant le conflit en Iran. La Grèce a fixé un plafond sur les marges bénéficiaires des distributeurs et introduit une « carte carburant numérique » pour les ménages modestes, offrant jusqu’à 36 centimes de réduction par litre.
Entre régulation et innovation : l’exemple allemand et lituanien
En Allemagne, les stations-service ne peuvent modifier leurs prix qu’une fois par jour, limitant les hausses spéculatives. La Lituanie a choisi de réduire de 50 % le prix des billets de train jusqu’au 31 mai, offrant ainsi une alternative économique à la voiture.
La France entre aides ciblées et tensions sociales
Le gouvernement français prolonge jusqu’au 31 décembre les aides aux secteurs touchés par la hausse du carburant. Les pêcheurs recevront une aide de 35 centimes par litre, et les entreprises du BTP et les agriculteurs bénéficieront également de soutiens prolongés. Cependant, l’indemnité de 100 euros pour les « gros rouleurs » expire fin septembre, laissant de nombreux automobilistes sans soutien.
Face aux difficultés d’approvisionnement et à la pression sociale, le président Macron a demandé une mobilisation totale pour maîtriser les prix. Le Premier ministre a abordé ce sujet lors du séminaire gouvernemental du 17 septembre.
Une réponse européenne balbutiante
Face à la crise énergétique, cinq pays européens ont demandé à l’UE d’instaurer une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques depuis le début de la guerre en Ukraine. Les stratégies nationales montrent un manque de coordination communautaire, chaque pays adoptant des solutions adaptées à ses contraintes budgétaires. Cette fragmentation soulève des questions sur l’efficacité d’une réponse européenne commune, alors que les disparités de prix entre pays se creusent.
Des modèles difficiles à transposer
Les mesures européennes présentent des avantages mais creusent les déficits publics ou risquent de créer des pénuries. La France, avec ses aides ciblées, tente de préserver ses finances tout en soutenant les secteurs exposés, mais laisse de côté une partie de la population, exacerbant les tensions sociales. Alors que la transition énergétique tarde à s’accélérer, les gouvernements doivent jongler entre protection du pouvoir d’achat et maintien des finances publiques, un équilibre de plus en plus fragile.
