Nissan investit 170 millions de livres sterling (198,44 millions d’euros) dans son usine de Sunderland pour produire le Kicks e-Power, un SUV hybride compact destiné au marché européen. Cette annonce, faite mercredi, lève les doutes sur l’avenir du site britannique après l’abandon du projet Qashqai électrique. Le constructeur japonais réaffirme ainsi son engagement au Royaume-Uni, malgré une restructuration mondiale impliquant des fermetures d’usines et des suppressions de postes.
Le Kicks e-Power : stratégie hybride pour l’Europe
Le Kicks e-Power se classe parmi les SUV compacts, un segment prisé en Europe. Sa technologie e-Power, déjà utilisée ailleurs, repose sur un moteur thermique générant de l’énergie pour un moteur électrique. Contrairement aux hybrides rechargeables, il n’a pas besoin de prise, combinant autonomie thermique et conduite électrique en ville. Pour ceux qui veulent une voiture plus sobre sans contrainte de recharge, le Kicks e-Power se présente comme une alternative aux véhicules 100% électriques.
Sur le marché européen, Nissan fait face à une forte concurrence dans les SUV compacts hybrides, notamment de Toyota avec ses RAV4 et Yaris Cross, et de Renault avec l’Austral E-Tech. Le Kicks e-Power devra séduire par son rapport prix-équipement et sa sobriété. Sa motorisation électrique promet des consommations réduites en usage mixte. Son prix sera crucial pour rivaliser avec les leaders du segment.
Production à Sunderland : choix logistique clé
L’usine de Sunderland, la plus grande du Royaume-Uni, accueillera le Kicks e-Power sur l’une de ses chaînes de production. Actuellement, elle fabrique le Qashqai, best-seller de Nissan en Europe, le Juke et la Leaf électrique. Avec le Kicks e-Power, le site produira quatre modèles, renforçant sa position dans le dispositif industriel de Nissan. Les 198 millions d’euros investis serviront à adapter les lignes de production et à intégrer les équipements e-Power.
Nissan n’a pas précisé quand commencera la production du Kicks e-Power à Sunderland. Les experts anticipent un lancement commercial en 2027, le temps d’adapter les chaînes et de former les équipes. La patience est donc requise pour les automobilistes avant de voir ce modèle en concessions.
Impact sur les automobilistes britanniques et européens
L’arrivée du Kicks e-Power met en lumière le fait que tous les automobilistes ne sont pas prêts à passer à l’électrique pur. Les contraintes d’autonomie, le réseau de bornes encore limité et le coût d’achat freinent certains. La technologie e-Power offre une conduite électrique sans les contraintes de recharge. Pour Nissan, ce positionnement hybride renforce son offre en Europe après le succès limité de la Leaf.
Jonathan Reynolds, ministre britannique des Affaires économiques, a salué cette décision comme un vote de confiance dans l’industrie britannique. Pour les automobilistes, cela signifie une production locale, des prix compétitifs et une disponibilité rapide. Alors que les batteries électriques prouvent leur fiabilité, l’hybride reste prisé par ceux qui parcourent de longues distances.
L’investissement à Sunderland intervient après des mois d’incertitude. En juin, Nissan envisageait de louer une chaîne de production à Chery, un constructeur chinois, ce qui avait alimenté les craintes de désengagement. La restructuration de Nissan, marquée par des fermetures d’usines et l’abandon du Qashqai électrique, avait suscité des doutes sur l’avenir du site. L’annonce du Kicks e-Power rassure sur le rôle de Sunderland dans la stratégie européenne de Nissan.
Pour les automobilistes, cette continuité industrielle garantit la disponibilité des pièces et le service après-vente pour les modèles produits sur place. La fiabilité d’un véhicule dépend aussi de l’engagement du constructeur sur son marché. Avec quatre modèles assemblés à Sunderland, Nissan affirme sa volonté de rester au Royaume-Uni et en Europe malgré les défis du secteur automobile mondial.