Sécurité routière : se filmer en excès de vitesse peut vous mener en prison !

Partir en prison à cause d’une simple vidéo d’excès de vitesse, c’est possible. Les tribunaux appliquent une plus grande sévérité, au grand soulagement des associations de sécurité routière.

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Sécurité routière : se filmer en excès de vitesse peut vous mener en prison ! | L'Automobiliste

C’est l’une des nouvelles modes qui inquiètent les associations de sécurité routière : se filmer en excès de vitesse sur les réseaux sociaux. Sauf que cette pratique, très dangereuse, peut vous conduire directement en prison.


Se filmer en excès de vitesse, la nouvelle hantise de la sécurité routière


L’affaire d’un motard du Lot relance une vieille question : jusqu’où l’exhibition routière peut-elle mener ? Sur une route déserte, il pousse sa machine au-delà des 200 km/h. Sans permis. Sans assurance. Mais avec une caméra. La vidéo, postée sur les réseaux sociaux, va le conduire devant le tribunal. L’homme a été condamné à 600 euros d’amende, six mois de prison avec sursis, interdiction de repasser le permis pendant cinq ans, et un stage de sensibilisation. Tout cela à cause d’un simple post sur les réseaux sociaux.


Mais ce n’est qu’un cas parmi d’autres. Publier une vidéo d’excès de vitesse, même anodine, revient à offrir une preuve clé à la justice. Et même si elle est supprimée, elle peut être archivée, enregistrée, partagée. Une capture, un extrait, une preuve trahit généralement les chauffards.


L’excès de vitesse sur les réseaux : un aveu en direct


Et parfois, c’est encore plus spectaculaire. En juillet 2022, un jeune conducteur de 22 ans se filme à 303 km/h sur l’autoroute, quelque part entre la Suisse et la France. D’autres vidéos montrent des pointes à 101 km/h en zone 30, un enfant à bord, sans ceinture. Le verdict tombe en avril 2025 : huit mois de prison ferme, 28 mois avec sursis, cinq ans de mise à l’épreuve, amende de 1 000 francs suisses (environ 1 070 euros). Le tribunal a été clair : la vidéo constituait une circonstance aggravante. Ainsi, se filmer peut vous conduire directement en prison.


Le Code de la route ne plaisante pas avec les grandes vitesses. Au-delà de 50 km/h au-dessus de la limite, c’est une contravention de 5ᵉ classe : jusqu’à 1 500 euros d’amende, retrait de six points, suspension de permis, confiscation du véhicule si l’auteur en est le propriétaire. En cas de récidive, on entre dans le registre pénal : trois mois de prison, 3 750 euros d’amende, interdiction de conduire jusqu’à cinq ans. Et si la vidéo montre une conduite sans permis : 15 000 euros d’amende, un an de prison.


La vidéo, elle, devient un outil implacable. D’après plusieurs avocats : « Des poursuites peuvent être engagées par la police ou la gendarmerie après le visionnage, par exemple, d’un compte Facebook ou YouTube. En matière pénale, les infractions peuvent en effet être constatées librement. »
Mais attention, toutes les vidéos ne suffisent pas : il faut pouvoir identifier sans équivoque l’auteur, le compteur, la plaque d’immatriculation. Si ces éléments sont réunis, l’enregistrement devient une preuve recevable, même sans flagrant délit. Et parfois, les tribunaux y voient même une volonté délibérée de banaliser la mise en danger d’autrui, avec la sévérité qui va avec.

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