Les automobilistes vont devoir remettre la main au portefeuille. Après plusieurs semaines de répit, les prix des carburants à la pompe sont repartis à la hausse en France la semaine dernière, selon les données officielles publiées lundi par les services de l’État. En cause : le regain de tension au Moyen-Orient, entre frappes américaines contre l’Iran et annonce par Téhéran de la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui affecte les recettes fiscales sur les carburants, explique Le Figaro.
Le gazole affiche désormais 1,9479 euro le litre en moyenne, en hausse de 8,5 centimes sur sept jours. C’est son plus haut niveau depuis mi-juin, après six semaines de baisse ininterrompue. Dans certains cas, il est même repassé au-dessus du prix de l’essence.
Le SP95 grimpe à 1,9636 euro le litre, le SP95-E10 à 1,9232 euro, et le SP98 franchit à nouveau la barre symbolique des deux euros, à 2,0036 euros le litre, son plus haut niveau depuis un mois.
Le baril s’envole avec le regain de tensions au Golfe
Cette remontée des prix à la pompe suit celle du baril. Lundi, le Brent s’échangeait autour de 78,75 dollars, en hausse d’un peu moins de 4 %, après avoir tutoyé les 71 dollars en début de mois. L’arrêt fragile des hostilités entre les États-Unis et l’Iran a volé en éclat, et le trafic maritime dans le détroit, qui avait repris ces dernières semaines, est devenu quasi inexistant, note l’IFP Énergies nouvelles (IFPEN) dans une note publiée lundi.
« Le trafic maritime dans le détroit, qui avait repris ces dernières semaines, est devenu quasi inexistant, bien que les autorités maritimes indiquent qu’une voie de navigation demeure ouverte », précise l’organisme.
À cela s’ajoute un facteur russe : Moscou a mis en vigueur la semaine dernière une interdiction d’exportation de gazole, destinée selon l’IFPEN à « augmenter les approvisionnements sur le marché intérieur ». Les frappes ukrainiennes sur les installations pétrolières russes perturbent elles aussi les flux. L’IFPEN relève que cette situation s’ajoute à des marges de raffinage historiquement élevées, les raffineurs bénéficiant d’une déconnexion relative entre les marchés du brut et des produits pétroliers.
Le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de La Revue Défense nationale, situe la rupture dans un entretien accordé à La Dépêche du Midi : « Jusqu’alors, on était redescendu au niveau d’avant la guerre, avec un baril autour de 76 dollars. » Les marchés surveillent désormais le seuil des 80 dollars. Si ce cap est franchi, prévient-il, « il y aurait des répercussions pour les consommateurs dans les prochaines semaines ».
Un scénario plus défavorable n’est pas exclu : le baril pourrait dépasser les 90 dollars, voire atteindre 100 dollars si le conflit s’aggrave. « L’impact serait alors très dur pour les consommateurs, que ce soit pour partir en vacances ou pour tous ceux qui utilisent leur véhicule pour travailler », estime le général Pellistrandi.
Si les tensions se prolongent, les effets pourraient se faire sentir dès la fin juillet ou début août dans les stations-service, au moment même des départs en vacances.
La France importe pourtant peu de pétrole en provenance du golfe Arabo-Persique. Cela ne la met pas à l’abri pour autant, le marché pétrolier étant mondial : une crise dans une zone stratégique comme le détroit d’Ormuz suffit à faire grimper les cours internationaux, avant que la hausse ne se répercute progressivement sur les tarifs des stations françaises. « L’impact peut être terrible car le marché est mondialisé », résume le général Pellistrandi.



