La gendarmerie vient de réaliser un coup de filet important. Plusieurs personnes ont été interpellées pour des vols de voitures. Pour commettre leurs larcins, elles utilisaient des enceintes connectées.
Des vols de véhicules d’un nouveau genre
Il y a quelques jours, cinq individus ont été interpellés en France par l’Unité nationale Cyber (UNCyber) de la Gendarmerie nationale, dans le cadre d’une enquête sur des vols de véhicules, déclenchée après une hausse observée des cambriolages ciblant notamment des marques japonaises. Cette affaire, coordonnée juridiquement par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, illustre l’arrivée sur le marché criminel d’enceintes connectées trafiquées, vendues via des messageries chiffrées, ce qui complexifie la lutte contre les vols de véhicules à l’échelle nationale et internationale.
Les enquêteurs estiment que la méthode employée consiste à détourner des enceintes musicales pour générer les signaux électroniques nécessaires au déverrouillage et au démarrage des véhicules. « Les vols étaient facilités par l’utilisation d’une enceinte musicale reprogrammée », a affirmé la Gendarmerie nationale dans son communiqué. Par la suite, l’enquête a montré que d’autres dispositifs électroniques, produits par les mêmes individus, permettaient des opérations similaires, vendus via des canaux chiffrés.
Les investigations techniques menées depuis septembre 2023 par l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN) avaient déjà signalé une recrudescence des vols ciblant des modèles japonais, ce qui a orienté l’enquête vers des manipulations électroniques sophistiquées. Depuis 2022, selon les éléments saisis, le principal suspect fabriquerait artisanalement ces boîtiers, puis les proposerait à la vente à l’international.
Saisie matérielle et impact financier : chiffrer les vols de véhicules
Les perquisitions menées ont permis la saisie de six véhicules et d’un stock de dispositifs évalués à environ 1 000 000 € en valeur marchande. En parallèle, la Gendarmerie détaille des saisies de fonds et de biens : 40 000 € en numéraire. Les documents et biens saisis incluent aussi des objets de luxe et des sommes placées sur différents comptes. Trois suspects ont été placés en détention provisoire, mesure prise dans l’attente des suites judiciaires et destinée à prévenir la poursuite de l’activité criminelle et la dissémination des techniques.
L’enquête a mis au jour un caractère international : des colis contenant ces dispositifs auraient été expédiés vers dix-sept pays européens et vers des territoires hors d’Europe, dont les États-Unis, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Afrique. La commercialisation de ces boîtiers par messageries chiffrées et leur prix parfois élevé favorisent la création d’un marché parallèle alimentant les vols de véhicules et le blanchiment des gains. Le risque immédiat est double : d’une part, la vulnérabilité accrue de véhicules récents sans clé physique ; d’autre part, la facilitation d’un trafic international difficile à enrayer sans actions coordonnées entre États et fournisseurs technologiques.




