En France, une cinquantaine de départements est déjà repassée aux 90 km/h sur le réseau secondaire. Une tendance qui inquiète la sécurité routière face aux risques d’accidents mortels plus élevés.
Le retour aux 90 km/h inquiète la sécurité routière
À la suite d’une série de décisions locales, une cinquantaine de départements français ont décidé de relever la vitesse maximale sur certaines routes de 80 km/h à 90 km/h, remettant en cause la politique de limitation mise en place pour améliorer la sécurité routière hors agglomération et relançant le débat sur le lien entre vitesse et accidents. La loi d’orientation des mobilités, promulguée fin 2019, a autorisé les conseils départementaux à relever la vitesse maximale autorisée à 90 km/h sur certaines sections de routes bidirectionnelles hors agglomération, après avis de la commission départementale de sécurité routière. Depuis, une vague de décisions a été prise en faveur du retour au 90 km/h.
En ce début de février 2026, au moins 52 départements ont fait usage de cette possibilité légale pour rétablir le 90 km/h sur tout ou partie de leur réseau départemental secondaire, totalisant désormais plus de 60 000 km de routes concernées. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de rejet du 80 km/h uniforme, jugé par certains élus locaux trop restrictif et peu adapté à la diversité des conditions routières sur le territoire national. Cependant, la sécurité routière reste préoccupée par les effets potentiels de cette augmentation de vitesse sur l’accidentalité, un élément central des débats qui s’opposent depuis l’instauration de la limitation à 80 km/h en 2018.
Plusieurs associations spécialisées dans la prévention des accidents, dont la Sécurité routière, rappellent que la vitesse est un facteur majeur d’accidents sur les routes secondaires, où une partie significative des collisions graves se produit hors des agglomérations. Bien que ces associations n’aient pas forcément toutes pris position contre le dispositif légal, elles soulignent la nécessité d’études rigoureuses sur l’impact réel de la hausse des vitesses sur la sécurité routière avant d’étendre cette pratique.
Vitesse, accidentologie et controverses techniques
Des responsables techniques de la sécurité routière soulignent que toute décision d’augmentation de la vitesse doit s’appuyer sur des données d’accidentalité robustes, ce qui nécessite une observation continue et des études approfondies sur l’impact du 90 km/h dans les départements qui ont déjà fait ce choix. Dans cette perspective, le suivi des résultats en termes de collisions, de blessures graves et de mortalité pourrait fournir des éléments factuels pour ajuster la réglementation future.
Pour l’heure, l’émergence d’une France routière fragmentée entre des portions de réseau à 80 km/h et d’autres à 90 km/h illustre combien la question de la sécurité routière reste complexe, mêlant enjeux techniques, perceptions locales, décisions politiques et responsabilités administratives, dans un contexte où la route demeure un lieu de danger significatif pour tous les usagers.


