BYD a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement sur le marché européen de l’automobile. Le géant chinois du véhicule électrique, connu pour ses modèles comme la Dolphin ou la Seal U, a officialisé un accord avec Mediawan, studio de production audiovisuelle basé à Paris. Ce partenariat vise à intégrer ses voitures dans des œuvres de fiction destinées à un large public. Derrière ce choix marketing audacieux se cache une vision bien plus globale : installer durablement la marque dans l’univers mental des consommateurs européens.
Une percée médiatique au service d’une ambition industrielle
Avec plus de 3 millions de véhicules vendus en 2025, BYD s’est imposé comme un acteur central du marché mondial de l’électromobilité. Toutefois, en Europe, la bataille reste rude face aux géants locaux et à Tesla. Pour renforcer sa légitimité, BYD a choisi de ne pas se contenter d’un déploiement commercial classique.
Le constructeur a conclu un partenariat avec Mediawan, l’un des premiers studios indépendants européens, afin de placer ses modèles dans des séries et films d’animation à fort rayonnement. Le projet-phare ? L’intégration de plusieurs véhicules BYD dans la série Miraculous, suivie dans plus de 130 pays et considérée comme l’un des produits culturels français les plus exportés.
« Ce partenariat avec Mediawan est une formidable opportunité de lier innovation technologique et culture populaire », a déclaré Michael Shu, directeur Europe de BYD, dans une interview relayée par Mac4Ever.
Un nouveau vecteur de notoriété pour les voitures électriques BYD
Si l’objectif immédiat est de rendre la marque visible à l’écran, la finalité stratégique est plus profonde : installer BYD dans le paysage culturel européen comme un constructeur de référence. Ce type de placement produit, quand il est bien intégré, agit comme un renforcement identitaire pour les modèles exposés.
Ainsi, les voitures BYD ne seront pas de simples figurantes dans les productions Mediawan. Selon Challenges, elles seront « modélisées en 3D de manière fidèle » et interagiront directement avec les personnages, notamment dans des scènes urbaines ou de poursuites animées. Des modèles comme la Dolphin ou la Seal U seront mis en avant dans plusieurs épisodes à venir.
Ce choix s’inscrit dans une logique de communication à long terme. Contrairement à une publicité ponctuelle, le cinéma offre un cadre narratif émotionnel, particulièrement puissant auprès des jeunes générations, cible privilégiée pour les futurs acheteurs de véhicules électriques.
Renforcer la crédibilité d’une marque chinoise sur le sol européen
La présence croissante des marques automobiles chinoises en Europe s’accompagne souvent d’une méfiance persistante du grand public. Avec ce partenariat, BYD cherche aussi à humaniser son image et à bénéficier d’un capital sympathie indirect, en s’associant à des contenus appréciés et ancrés localement.
Selon l’AFP, relayée par Boursorama, la série Miraculous est diffusée sur TF1, Disney+ et Netflix, et attire jusqu’à 3 millions de téléspectateurs en France par épisode. Ce niveau d’exposition est inégalable via les canaux classiques du secteur automobile.
D’après Total Licensing, les placements dans les contenus jeunesse permettraient de tripler la mémorisation de marque, tout en créant un référentiel positif difficile à obtenir par la simple publicité.
BYD ne cache pas son intention d’étendre cette stratégie à d’autres productions européennes. Selon Challenges, le constructeur envisage déjà des cofinancements futurs avec Mediawan, et même un soutien à des contenus éducatifs autour de la transition énergétique. Une manière de relier l’innovation technologique de ses voitures à des valeurs sociétales fortes.






