Moto : KTM vendrait des kits pour trafiquer ses bécanes

Le groupe KTM est accusé de contourner la réglementation européenne, en vendant des kits pour trafiquer ses engins.

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Moto : KTM vendrait des kits pour trafiquer ses bécanes © L'Automobiliste

L’un des plus gros constructeurs de motos navigue en eaux troubles. Il est accusé de vendre des kits permettant de trafiquer les motos. KTM dément fermement ces accusations.


KTM accusé de vendre des kits pour trafiquer les motos


Le constructeur autrichien KTM se retrouve au cœur d’une polémique en Europe après des accusations portant sur la commercialisation de kits permettant de modifier illégalement certaines motos enduro homologuées pour la route. Une enquête menée par 10 médias, dont Le Monde, soupçonne le fabricant d’avoir facilité le débridage de ses engins afin d’augmenter leurs performances hors des limites autorisées par les normes européennes.

Selon l’enquête de plusieurs médias européens, ces kits auraient permis de désactiver ou de contourner certains systèmes antipollution et les limitations électroniques imposées lors de l’homologation. L’affaire intervient dans un contexte de durcissement des contrôles sur les émissions polluantes des motos en Europe. Depuis l’entrée en vigueur des normes Euro 5 puis Euro 5+, les constructeurs sont soumis à des exigences techniques particulièrement strictes concernant les émissions sonores, les rejets de particules et les dispositifs électroniques de contrôle moteur.


KTM et les kits de modification des motos enduro dans le viseur des autorités


De plus, les enquêteurs italiens soupçonnent KTM d’avoir mis à disposition de ses clients des composants permettant de modifier des modèles enduro homologués route afin d’en améliorer les performances hors des limites réglementaires. Les investigations porteraient notamment sur des boîtiers électroniques, des lignes d’échappement spécifiques ainsi que des logiciels capables de modifier les paramètres moteur. Les autorités cherchent désormais à déterminer si ces équipements étaient explicitement destinés à un usage en compétition ou s’ils facilitaient un usage routier non conforme.

Ainsi, plusieurs perquisitions auraient été menées en Italie dans des concessions et auprès de distributeurs liés à la marque autrichienne. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si certains kits étaient proposés directement lors de l’achat des motos ou recommandés par le réseau commercial. Les modèles concernés appartiendraient principalement à la gamme enduro de KTM, très populaire auprès des amateurs de tout-terrain. Ces motos, homologuées pour circuler sur route ouverte, sont souvent conçues avec des performances proches des modèles de compétition.

Le constructeur autrichien domine depuis plusieurs années une partie importante des ventes dans cette catégorie grâce à des modèles particulièrement performants et légers. Selon les chiffres publiés par Pierer Mobility, maison mère de KTM, le groupe a vendu plus de 381 000 motos en 2024 dans le monde.


KTM dément toute volonté de contourner les règles sur les engins


Face à la montée de la polémique, KTM a rapidement réagi. Dans une déclaration, le constructeur affirme « respecter strictement toutes les exigences légales relatives à l’homologation des véhicules ». La société autrichienne dément également toute stratégie visant à contourner les réglementations européennes.

KTM précise que les composants incriminés sont exclusivement destinés à un usage sportif ou sur circuit fermé. Le constructeur rappelle que de nombreux accessoires commercialisés dans l’univers du sport mécanique ne sont pas homologués pour la circulation routière et doivent être utilisés uniquement dans un cadre compétitif.

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