Le 4 novembre 2026, la commission de l’environnement du Parlement européen a adopté une proposition qui pourrait changer la trajectoire des voitures neuves après 2035. Les eurodéputés ont voté par 48 voix contre 30, avec deux abstentions, pour un objectif de réduction des émissions de CO₂ fixé à 87,5 %, au lieu du seuil de 100 % prévu par la réglementation actuelle.
Cette décision ne signifie pas que l’Union européenne a déjà autorisé la vente de toutes les voitures thermiques après 2035. Il s’agit d’une position adoptée en commission parlementaire, avant un vote attendu en séance plénière en décembre et des négociations avec les États membres. Agence Europe détaille le scrutin du 4 novembre et les dispositions envisagées.
Une marge supplémentaire pour les constructeurs
Le compromis négocié entre le PPE, les sociaux-démocrates et Renew Europe introduit plusieurs mécanismes de souplesse. Les constructeurs pourraient notamment utiliser des crédits liés à l’acier bas carbone produit dans l’Union européenne. Ces crédits compléteraient les réductions d’émissions effectivement réalisées par les véhicules. Le texte propose également des coefficients favorables à certaines voitures électriques fabriquées en Europe.
Pour les petites électriques de 4,2 mètres au maximum, un véhicule pourrait ainsi compter pour 1,4 dans le calcul des objectifs des constructeurs. Le coefficient serait de 1,2 pour certaines voitures électriques particulièrement efficaces, avec des majorations envisagées dans le cadre du leasing social. Ces règles sont encore à l’état de proposition.
Le débat ne concerne pas directement le droit de continuer à conduire une voiture essence ou diesel déjà immatriculée. Il porte sur les objectifs moyens imposés aux fabricants pour leurs véhicules neufs. Une réduction de 87,5 % des émissions ne correspond donc pas à une part fixe de voitures thermiques autorisées dans les concessions.
La prochaine étape est prévue en décembre
Le vote en commission marque une évolution politique, mais pas l’entrée en vigueur d’un nouveau règlement. Le Parlement doit encore se prononcer en séance plénière, puis un texte définitif devra être négocié avec le Conseil de l’Union européenne. Dans l’intervalle, le cadre réglementaire actuellement applicable n’est pas modifié par ce scrutin.
Les positions restent contrastées. L’Association des constructeurs européens d’automobiles estime que les flexibilités proposées demeurent trop limitées. D’autres acteurs craignent au contraire un ralentissement de l’électrification. Reuters a rapporté ces divergences au lendemain du vote.
Pour un automobiliste qui envisage d’acheter un véhicule prochainement, aucun changement immédiat des conditions d’achat ne découle de cette étape parlementaire. Le rendez-vous décisif suivant sera le vote de décembre, qui déterminera la position du Parlement pour la suite des négociations.
