Le Cybertruck devait être l’un des véhicules emblématiques de Tesla. Le constructeur prépare pourtant un net recul de sa fabrication au Texas, autour de la mi-2027, pour dégager de la capacité au profit du Cybercab, son véhicule autonome à deux places. Elon Musk a présenté ce changement de priorité le 6 novembre 2026, selon Reuters.
La décision annoncée ne signifie pas nécessairement que tous les Cybertruck cesseront d’être fabriqués à cette date. Le périmètre exact d’un éventuel arrêt définitif ou d’un transfert vers une autre usine n’a pas été précisé. Mais le signal industriel est clair : Tesla entend réserver davantage de ressources à la mobilité autonome.
Un pick-up loin des ambitions initiales
Le Cybertruck a commencé à être livré fin 2023, après plusieurs reports. Sa carrosserie anguleuse en acier inoxydable lui a donné une visibilité considérable, sans pour autant transformer cette notoriété en ventes à la hauteur des ambitions initiales. D’après les chiffres rapportés par Reuters, les ventes américaines sont passées de 38 965 exemplaires en 2024 à 20 237 en 2025, soit un recul d’environ 48 %.
Le modèle a également fait l’objet de rappels et de critiques concernant certains aspects de sa conception. Son format et les exigences de sécurité européennes ont limité ses perspectives de commercialisation sur le Vieux Continent. Ce contexte explique une partie des difficultés commerciales du pick-up, sans suffire à lui seul à attribuer une cause unique à la décision de Tesla.
Le Cybercab devient une priorité, pas encore une certitude commerciale
Le Cybercab repose sur un pari très différent : plutôt que de vendre un grand pick-up à des particuliers, Tesla veut développer un service de transport assuré par des voitures conçues pour fonctionner sans conducteur. Le véhicule présenté par l’entreprise n’a ni volant ni pédales, ce qui soulève des questions spécifiques de certification.
Aux États-Unis, l’autorité fédérale de sécurité routière, la NHTSA, examine justement les conditions dans lesquelles ces véhicules peuvent satisfaire aux règles applicables. Reuters détaillait déjà en octobre cette enquête et les ambitions de commercialisation du constructeur. Un objectif annoncé ne constitue toutefois pas une autorisation générale de circulation.
Pour les automobilistes français, cette réorientation ne signifie donc ni l’arrivée immédiate du Cybercab dans les rues ni une nouvelle offre de robotaxis déjà autorisée. Tesla a montré son véhicule en Europe, mais l’exposition d’un modèle et son exploitation commerciale sur route relèvent de démarches très différentes.
La transition industrielle annoncée au Texas illustre surtout un changement de priorité : Tesla accepte de réduire la place accordée à un véhicule spectaculaire mais peu diffusé, afin de miser davantage sur un service autonome dont l’ampleur future reste à démontrer.
