Les voitures autonomes sont en plein développement. Même si leur présence sur les routes reste encore très marginale, l’assureur Allianz vient de publier une étude sur le sujet. D’après celle-ci, ces voitures réduisent le risque d’accident.
Les voitures autonomes réduisent le risque d’accident
Allianz a présenté son rapport sur les voitures autonomes. L’étude porte précisément sur les perspectives offertes par les voitures autonomes dans la réduction des accidents, en analysant à la fois des données de sinistres et des enquêtes auprès des conducteurs européens. L’étude d’Allianz repose en grande partie sur l’analyse de plus de 6 500 sinistres liés au freinage automatique arrière et à des systèmes d’assistance à la conduite, ce qui permet de dégager des ordres de grandeur sur le potentiel des technologies embarquées. Selon le rapport, la présence de l’AEB arrière peut réduire les collisions en marche arrière « jusqu’à 66 % ».
En circulation fluide, pour des modèles récents, la diminution moyenne est estimée à « -30 % des collisions arrière ». Par ailleurs, l’enquête menée dans sept pays européens auprès de 8 000 personnes révèle que 56 % des répondants estiment que la conduite autonome sera aussi sûre, voire plus sûre, que la conduite humaine. Allianz conclut donc que les voitures autonomes, grâce aux systèmes d’aide (niveaux 2-3 et au-delà), pourraient représenter une rupture en matière de sécurité routière et, ainsi, réduire le risque d’accident.
Vers des projections de baisse des accidents : un enjeu pour l’assurance
Au-delà de l’analyse des sinistres, l’étude propose des scénarios prospectifs dans lesquels la généralisation des véhicules automatisés entraînerait une baisse globale des accidents. Selon Allianz, la réduction pourrait atteindre -20 % d’ici 2035 et dépasser -50 % d’ici 2060 dans les scénarios optimistes. L’assureur considère que ces baisses massives du risque soulèvent une question majeure : comment adapter les modèles d’assurance automobile ? En effet, si le risque pour les voitures autonomes diminue, la responsabilité pourrait se déplacer vers les fabricants, les développeurs de logiciels ou les infrastructures connectées.
De plus, Allianz insiste sur l’importance d’un cadre européen harmonisé : elle recommande la création d’un permis spécifique pour la conduite autonome et l’instauration d’une homologation commune pour les systèmes automatisés. Même si les chiffres sont prometteurs, l’étude met aussi en lumière des réticences du public. Par exemple, 69 % des conducteurs interrogés déclarent avoir des doutes sur la fiabilité des systèmes en situation imprévue, et 72 % estiment que la technologie est encore trop récente et insuffisamment testée. En outre, 83 % des personnes considèrent comme important ou très important de pouvoir reprendre manuellement le contrôle à tout moment.
Ces résultats suggèrent que, malgré une estimation favorable du risque d’accident réduit pour les voitures autonomes, la confiance reste un frein. Le passage à grande échelle de ces véhicules dépendra donc autant de la performance technique que de l’acceptation des automobilistes.






