La Sécurité routière présente un projet qui va bousculer le contrôle automatisé en France entre 2026 et 2030. En misant sur l’intelligence artificielle, ce programme promet de surveiller les infractions de manière bien plus fine. L’idée, c’est de revoir la détection et le traitement des infractions routières, ce qui va toucher tous ceux qui prennent la route.
Une nouvelle ère pour les radars
Le plan prévoit d’intégrer la vidéo IA aux radars existants, y compris les radars tronçons et « hiboux ». Les radars multifonctions, tant attendus, pourraient faire leur apparition dès l’année prochaine grâce aux progrès technologiques. Ces nouveaux appareils sauront repérer un tas d’infractions, bien au-delà des excès de vitesse et des feux rouges grillés surveillés par les radars tourelles en service depuis 2017.
À l’origine, ces radars avaient été conçus pour remplir plusieurs missions. Même s’ils devraient pouvoir détecter une quinzaine d’infractions différentes, ils se limitent encore à deux types d’infractions principales. En plus, la fonction leurre, qui aurait permis d’utiliser des cabines vides pour décourager les conducteurs imprudents, n’a jamais été activée.
Innovations et défis techniques
Le Département du contrôle automatisé (DCA) est le moteur de cette évolution technologique. Il a lancé un appel aux fabricants et aux spécialistes pour se procurer de nouveaux équipements et assurer la maintenance du matériel existant. L’idée est d’essayer et de définir de nouveaux dispositifs tout en testant des solutions innovantes. Un appel d’offres a été lancé pour répondre à ces besoins jusqu’en 2030, avec une attention particulière portée sur l’innovation.
Néanmoins, un souci persiste : les nouveautés techniques vont parfois plus vite que le cadre réglementaire actuel. Il faut donc établir des rapports d’analyse et des études pour faire évoluer la réglementation en fonction des technologies mises au point par les fabricants.
Agrandissement du parc radar
L’extension du parc radar occupe aussi une place importante dans le programme. Le nombre de tourelles devrait atteindre 1 700 unités d’ici fin 2028. En parallèle, une nouvelle génération de radars tronçons sera déployée pour surveiller plusieurs tronçons successifs, offrant ainsi une surveillance continue sur certains axes routiers.
Les radars discriminants seront également modernisés grâce à l’ajout d’un lidar 3D pour mesurer automatiquement la distance entre véhicules. Cette technologie pourrait aussi surveiller la distance de sécurité, même si certains conducteurs s’inquiètent de sa mise en place.
Radars urbains et privatisation
Dans le cadre du déploiement, les radars urbains ne sont pas en reste, avec deux fournisseurs engagés dans leur développement. Ces appareils pourront bientôt détecter des infractions comme l’usage du téléphone au volant ou le non-respect des couloirs réservés aux bus.
Par ailleurs, la privatisation des voitures radars s’étendra à 31 départements supplémentaires, portant ainsi le total à 86 départements bénéficiaires de cette initiative. Les désignations officielles sont ETM Dexter pour le secteur privé et ETM FSI pour les forces de sécurité intérieure, soulignant la gestion privée des voitures-radars.
Vers une sécurité routière renforcée
Avec ces évolutions ambitieuses, la Sécurité routière souhaite réduire les causes fréquentes d’accidents sur la route. Certes, certains restent sceptiques quant à la fiabilité du système pour évaluer des situations complexes comme la distance entre véhicules sans multiplier les contraventions injustifiées.
Ce programme marque un tournant vers un réseau routier plus sûr en France. En adoptant ces nouvelles technologies, tout en adaptant la réglementation existante, il ouvre la voie à une amélioration durable de la sécurité sur nos routes.






