Une Audi RS3 confisquée à un trafiquant de drogue roule désormais sous les couleurs de la gendarmerie nationale. Depuis juin 2026, ce sont les hommes de l’équipe rapide d’intervention du peloton motorisé d’Ecalles-Alix, en Seine-Maritime, qui utilisent ce véhicule dans le cadre de leurs interventions. Avec ses 407 chevaux, la voiture est devenue la plus puissante jamais mise en dotation officielle de la gendarmerie nationale française.
Sous le capot, un moteur cinq cylindres turbo de 2,5 litres propulse la berline, grâce notamment à la transmission intégrale Quattro. Contrairement à l’Alpine A110, coupé strict à deux places avec laquelle elle est désormais déployée sur le terrain, la RS3 dispose de cinq vraies places, ce qui permet d’embarquer un opérateur supplémentaire en mission.
De la saisie judiciaire au service public
L’histoire du véhicule commence en 2025. Un important trafiquant et fournisseur de stupéfiants, qui multipliait les trajets depuis l’étranger pour approvisionner un réseau français, est alors interpellé, selon des informations rapportées par Le Courrier Cauchois. Une fois jugé, l’homme voit son Audi RS3 définitivement confisquée. Le véhicule est ensuite réattribué à la gendarmerie.
Avant de rejoindre le peloton, la voiture a dû être équipée d’avertisseurs sonores, de rampes lumineuses et de la sérigraphie officielle bleue gendarmerie, pour un coût d’environ 1 500 euros.
Le chef d’escadron Arnaud Chérel a commenté cette affectation, cité par le magazine Capital : « Cela démontre que le crime ne paie pas et transforme ses profits en ressources utiles à la gendarmerie et au service public ». Il ajoute que priver les délinquants du fruit de leurs crimes freine la poursuite de leurs activités et empêche la reconstitution de leurs réseaux.
Avant l’arrivée de la RS3, le record de puissance appartenait à la Seat Leon Cupra, avec 300 chevaux, elle-même arrivée après la Renault Mégane III R.S. et son moteur turbo de 265 chevaux. L’Alpine A110, toujours utilisée aux côtés de la nouvelle recrue, affiche pour sa part 252 chevaux.
Cette montée en puissance n’est pas anodine. La RS3 doit permettre de lutter contre les grands excès de vitesse de plus de 50 km/h, désormais qualifiés de délit depuis un décret publié fin 2025. Les gendarmes habilités à conduire ce type de véhicule suivent une formation initiale de quatre jours sur circuit, complétée par un entraînement continu pour rouler vite dans la circulation, par tout temps, de jour comme de nuit.
Un commandant de l’escadron départemental de contrôle des flux rappelle qu’en France, on ne percute pas un véhicule que l’on poursuit.



