Le propriétaire d’une Lamborghini Huracán EVO aurait affirmé qu’il se garerait comme il veut et où il veut parce qu’il a une Lamborghini, même si cela signifie priver une personne handicapée d’une place, rapporte le magazine Auto Plus. C’est ce texte, attribué au propriétaire d’une Lamborghini Huracán EVO, qui a accompagné une photo publiée en mai 2025 sur la page Facebook communautaire « Spotted Torquay ».
La voiture était garée en épi sur une place réservée aux personnes handicapées, sur un parking de bord de mer de cette ville côtière du Devon, au Royaume-Uni.
La formule a mis le feu aux poudres. En quelques heures, la publication a rassemblé plus d’un millier de commentaires sur ce groupe qui compte près de 89 000 membres. Les internautes accusaient le conducteur de se croire au-dessus des règles à cause de sa voiture de luxe.
Le badge était là, mais invisible sur la photo
Sur le cliché d’origine, aucun Blue Badge, le macaron britannique de stationnement pour personnes handicapées, n’apparaissait sur le tableau de bord. Rien n’indiquait non plus que la place occupée, plus large que les autres, sert justement à faciliter l’ouverture des portières ou la sortie d’un fauteuil roulant.
Le propriétaire du véhicule a fini par découvrir la publication. Il a répondu par une nouvelle photo, cette fois de lui-même : allongé au sol devant sa Huracán, le Blue Badge à la main, ses deux prothèses de jambes bien visibles. Il a légendé le cliché d’un simple « Une photo pour tous mes fans ».
Impossible dès lors de nier son statut de conducteur handicapé. Le ton des commentaires a basculé du tout au tout : les internautes ont salué sa répartie et reconnu leur erreur. L’administrateur du groupe a présenté des excuses publiques, expliquant que le macaron figurait bien sur la première photo mais n’avait tout simplement pas été remarqué.
Un handicap qui ne se voit pas toujours
L’épisode illustre une réalité que les associations rappellent régulièrement : environ 80 % des handicaps déclarés en France ne se voient pas. Douleurs chroniques, maladies auto-immunes, troubles neurologiques ou amputations dissimulées sous les vêtements donnent droit, en France, à la carte mobilité inclusion, l’équivalent du Blue Badge britannique. De nombreux automobilistes concernés racontent être dévisagés, voire interpellés, en sortant d’une voiture jugée trop belle pour eux sur une place réservée.
Face à une place qui paraît occupée abusivement, mieux vaut d’abord chercher calmement un macaron derrière le pare-brise ou sur la console, plutôt que de dégainer son téléphone. Photographier une personne ou son véhicule pour le diffuser sur les réseaux sociaux expose à des questions de respect de la vie privée, et potentiellement de diffamation.
En cas de doute sérieux et répété, la voie recommandée reste le signalement aux forces de l’ordre ou aux services de stationnement, plutôt qu’un procès expéditif organisé sur Facebook.






