Installer une borne à domicile pourrait bientôt coûter beaucoup plus cher

La fin du crédit d’impôt pour les bornes de recharge pourrait freiner l’adoption des véhicules électriques, rendant cette transition accessible uniquement aux plus riches.

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Installer une borne à domicile pourrait bientôt coûter beaucoup plus cher
Installer une borne à domicile pourrait bientôt coûter beaucoup plus cher © L'Automobiliste

La question de l’aide financière pour installer des bornes de recharge à domicile est sur toutes les lèvres en France. Tandis que le gouvernement tente de réduire les niches fiscales pour alléger les finances publiques, les professionnels du secteur réclament la poursuite de ce dispositif, ce qui soulève des questions sur la politique fiscale. Cette décision pourrait bien modifier la donne pour ceux qui souhaitent passer à l’électrique.

Une situation budgétaire sous pression

Avec un gouvernement mené par le Premier ministre Sébastien Lecornu qui cherche à freiner les dépenses, la fin du crédit d’impôt pour les bornes de recharge « pilotables » est envisagée, rapporte BFMTV. Lors du projet de loi de finances 2026 présenté le 14 octobre en Conseil des ministres, il a été indiqué que le crédit de 500 € ne serait pas reconduit pour ces installations. L’idée est d’épargner 20 millions d’euros par an, mais cela pourrait bien freiner l’adoption des véhicules électriques.

Le député Jean-Marie Fiévet, représentant des Deux-Sèvres, avait proposé un amendement afin de remettre en place ce crédit, proposition qui a été rejetée lors de la séance publique le 25 octobre. Un amendement similaire avait pourtant reçu le feu vert, lors des débats en commission des Finances, du côté de la droite. Si la proposition ne passe pas, le crédit d’impôt cessera dès le 1er janvier 2026.

Détails et conséquences du crédit d’impôt

Actuellement, le crédit d’impôt est réservé aux bornes « pilotables », qui offrent une gestion intelligente de la recharge selon les heures creuses de tarifs. Les personnes seules peuvent installer jusqu’à deux bornes – une pour leur résidence principale et une pour leur résidence secondaire – avec un plafond fixé à 500 € par borne. De même, les couples bénéficient de la même aide pour deux bornes dans leur résidence principale et deux autres dans leur résidence secondaire.

En 2024, environ 47 000 foyers ont tiré avantage de cette mesure, ce qui représente un quart des acquéreurs de véhicules électriques et engendre une dépense fiscale totale de 23 millions d’euros. Sans cette aide, le coût moyen pour installer une borne se situe entre 1 500 € et 2 000 €, un montant qui pourrait refroidir certains futurs propriétaires de voitures électriques et affecter la transition énergétique.

Réactions et mises en garde face à la suppression

Les partisans du maintien du crédit d’impôt font valoir que les bornes « pilotables » permettent de choisir les moments où l’électricité est moins chère pour recharger son véhicule, réduisant ainsi le coût de la recharge. D’après une étude évoquée par l’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France), l’Union française de l’électricité (UFE) et Mobilians, ce mode de gestion pourrait faire économiser entre 150 € et 200 € par an, et ce, pour chaque véhicule.

Le directeur général de Zeplug et président de l’Association française des opérateurs de recharge, Olivier Hamard, met en garde en affirmant que « c’est une mesure qui risque de casser une dynamique ». Selon lui, sans cette aide financière, la transition vers l’électrique pourrait s’ouvrir uniquement aux ménages aisés, qui constituent déjà la majorité des acheteurs actuels.

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