Vous envisagez d’acquérir une voiture électrique, mais vous vivez en copropriété ? Vous n’êtes pas seul dans cette situation. Tandis que les obligations légales concernant les vélos se multiplient, l’accès à la recharge électrique demeure un véritable casse-tête. Parallèlement, les hybrides rechargeables trompent souvent les consommateurs par des promesses non tenues.
22% de véhicules électriques : mais où recharger ?
Les voitures 100% électriques représentent 22% des nouvelles immatriculations en Europe entre janvier et juillet 2026, un chiffre impressionnant. Cependant, cette statistique cache une réalité frustrante : de nombreux automobilistes renoncent à ces véhicules par manque d’infrastructures de recharge électrique à proximité. Les bornes publiques sont souvent saturées aux heures de pointe, et les stations rapides sont rares en milieu urbain dense. Ainsi, les immeubles collectifs deviennent un obstacle majeur à la transition énergétique dans l’automobile.
Les résidents en copropriété : les oubliés de la transition électrique
Pour les habitants d’immeubles collectifs, installer une borne de recharge électrique s’apparente à un parcours d’obstacles. Contrairement aux maisons individuelles, les copropriétés nécessitent des votes en assemblée générale, des études de faisabilité coûteuses et des négociations interminables avec les syndics. Pendant ce temps, les exigences pour le stationnement des vélos augmentent, comme le montre l’analyse de Seloger sur les obligations en copropriété, mais les besoins des automobilistes électriques restent ignorés. Les entreprises spécialisées dans l’installation de bornes peinent à convaincre les copropriétaires hésitants face aux investissements.
Hybrides rechargeables : une fausse solution
En raison des difficultés d’accès à la recharge électrique, de nombreux automobilistes se tournent vers les hybrides rechargeables, une erreur stratégique. Ces véhicules, qui représentent 10% des ventes européennes en 2026, ont des performances environnementales trompeuses. Une étude du Conseil international sur le transport propre (ICCT) publiée le 3 septembre 2026 montre que les hybrides rechargeables émettent 4,6 fois plus de CO2 en conditions réelles que ce qu’indiquent les tests d’homologation européens, un écart qui s’est creusé depuis 2021.
Les obligations légales : vélos prioritaires, mais qu’en est-il des voitures électriques ?
En France, les nouvelles constructions doivent respecter des normes strictes pour le stationnement des vélos, chaque immeuble neuf devant prévoir au moins deux emplacements pour vélos. Cependant, pour la recharge électrique des voitures, il n’existe pas d’obligations similaires. Les promoteurs ne sont pas tenus de prévoir des bornes de recharge pour les véhicules électriques dans les parkings collectifs.
Priorité aux vélos : les points de recharge VE en attente
Tandis que les copropriétés s’alignent sur les nouvelles normes vélos, elles peuvent ignorer la demande de bornes électriques. Un copropriétaire peut obtenir l’autorisation d’installer une infrastructure de recharge électrique à ses frais lors d’une assemblée générale à majorité simple, mais les refus sont fréquents en raison des craintes de surcharge électrique et des coûts de mise aux normes. Parallèlement, les emplacements vélos se multiplient, conformément à la loi, laissant les automobilistes électriques chercher ailleurs des solutions de recharge.
Immeubles anciens : des conditions restrictives
Pour les immeubles anciens, l’obligation d’installer des emplacements vélos n’est requise que si des travaux de stationnement représentent au moins 2% de la valeur du bâtiment, et que l’immeuble dispose d’au moins 10 places de stationnement. Concernant la recharge électrique, aucune obligation n’existe. L’installation de bornes dans un parking sécurisé doit être approuvée par un vote à majorité absolue, un seuil difficile à atteindre en raison des coûts et des préoccupations techniques.
Pourquoi les hybrides rechargeables déçoivent
L’étude de l’ICCT, publiée le 3 septembre 2026, souligne que les hybrides rechargeables roulent moins souvent en mode électrique que prévu par l’Union européenne. Les conducteurs privilégient le moteur thermique par commodité, ce qui augmente les émissions réelles par rapport aux normes théoriques. Ce constat met en lumière l’inefficacité d’une technologie censée combler le fossé vers une électrification complète.
Un écart croissant entre émissions réelles et homologuées
En 2023, l’écart entre les émissions homologuées et réelles des hybrides rechargeables atteignait déjà 4,6 fois, une dégradation continue depuis 2021. Bien que les constructeurs améliorent l’autonomie électrique des nouveaux modèles, les automobilistes n’exploitent pas ces capacités, souvent par manque de bornes de recharge électrique accessibles, surtout en copropriété. Cela crée un cercle vicieux difficile à briser pour les politiques publiques.
Peter Mock (ICCT) : ‘Une autonomie électrique sous-utilisée’
Peter Mock, directeur de l’ICCT Europe, souligne : « L’allongement de l’autonomie électrique des nouveaux modèles ne se traduit pas par une utilisation accrue du mode électrique. » Il pointe l’insuffisance des infrastructures de recharge électrique comme un obstacle majeur. Sans accès facile à une borne, impossible d’exploiter le potentiel des hybrides rechargeables. Il ajoute que la révision des calculs l’an prochain pourrait réduire l’attrait de ces véhicules pour atteindre les objectifs européens d’émissions de CO2.
2027 : Révision des normes et impact sur le marché automobile
La Commission européenne prévoit de réviser les normes d’homologation d’ici 2027, avec un objectif de réduction de 90% des émissions de CO2 des véhicules neufs. Ce durcissement pourrait pénaliser les hybrides rechargeables et favoriser les véhicules 100% électriques. Cependant, sans résoudre le problème de la recharge électrique en copropriété, les automobilistes resteront confrontés à une infrastructure inadéquate. Les entreprises spécialisées dans l’installation de bornes anticipent une forte demande, mais les copropriétés suivront-elles ?
Appel à une transition vers le 100% électrique
En juin 2026, la France et six autres pays européens ont exhorté l’Union européenne à poursuivre une trajectoire ambitieuse en faveur des véhicules électriques. Cette demande intervient après que l’Allemagne ait poussé la Commission à abandonner l’interdiction de vente des voitures thermiques en 2035. Tandis que Berlin défend les hybrides rechargeables, Paris insiste sur l’importance d’accélérer le déploiement des infrastructures de recharge électrique dans les immeubles collectifs pour réussir cette transition. Les professionnels du transport peuvent également optimiser leurs déplacements grâce au télépéage professionnel.




