L’Alliance for Automotive Innovation, représentant la majorité des fabricants automobiles aux États-Unis, a exhorté le Congrès américain, le 3 septembre 2026, à interdire définitivement la vente, l’importation et la fabrication de véhicules connectés chinois. Cette demande, signée par le président de l’organisation, John Bozzella, vise également les logiciels et composants électroniques associés. Elle reflète l’inquiétude croissante face à la stratégie mondiale de Pékin.
Plusieurs projets de loi bipartisans sont actuellement à l’étude au Congrès. Le Connected Vehicle Security Act of 2026, approuvé en juillet par la commission du commerce du Sénat, et son équivalent à la Chambre des représentants cherchent à instaurer ces restrictions. En parallèle, le Motor Vehicle Modernization Act interdit aux adversaires étrangers, notamment la Chine, toute activité de fabrication ou d’importation de véhicules aux États-Unis.
L’industrie automobile américaine s’oppose aux véhicules connectés chinois
Dans une lettre aux dirigeants du Congrès, John Bozzella met en garde contre l’influence croissante des constructeurs chinois, qui inondent les marchés de véhicules subventionnés dotés de technologies avancées. Ces véhicules, capables de traiter des données sensibles, posent des risques pour la sécurité nationale et l’industrie américaine. Les exportations chinoises se sont intensifiées vers l’Europe, l’Asie du Sud-Est, le Mexique et l’Amérique du Sud, grâce à un modèle économique soutenu par l’État chinois.
Bien que le marché américain ne soit pas encore touché, l’ampleur de la menace justifie une action législative immédiate. La question de la souveraineté technologique est désormais centrale, dépassant les simples enjeux économiques. Les projets de loi en discussion bénéficient d’un soutien bipartisan rare. Le Connected Vehicle Security Act et son équivalent à la Chambre visent spécifiquement les véhicules connectés chinois, tandis que le Motor Vehicle Modernization Act cible plus largement les adversaires étrangers. L’alliance souligne l’importance de travailler avec les législateurs pour élaborer une politique équilibrée qui permettrait à ses membres de prospérer aux États-Unis.
L’Alliance for Automotive Innovation réunit des géants de l’industrie comme General Motors, Ford, Toyota et Volkswagen, employant 11 millions de personnes aux États-Unis et générant 1 500 milliards de dollars annuellement. La concurrence avec la Chine ne se limite pas à des entreprises, mais à l’appareil industriel d’un État entier, basé sur des subventions et des pratiques commerciales jugées déloyales.
Considérations de sécurité nationale
Outre les questions économiques, la sécurité nationale est au cœur des préoccupations. Les véhicules modernes collectent des données sensibles, posant un risque de transmission au Parti communiste chinois, ce qui créerait des vulnérabilités en matière de surveillance. Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte de pratiques commerciales déloyales et de surveillance technologique accrue.
L’urgence exprimée par l’alliance est accentuée par le calendrier législatif, la 119ᵉ session du Congrès se terminant le 3 janvier 2027, et les élections de mi-mandat en novembre 2026 pouvant ralentir le processus. John Bozzella appelle à une interdiction permanente pour adresser un message clair sur la stratégie de la Chine.
Domination chinoise croissante sur les marchés mondiaux
La Chine s’affirme comme leader dans la vente et l’exportation de véhicules électriques, soutenue par des subventions massives, pour réduire sa dépendance au pétrole importé. Les constructeurs américains et européens sont vulnérables face à cette offensive commerciale.
L’adoption d’une interdiction permanente marquerait un tournant vers une politique privilégiant la sécurité nationale. Les prochains mois seront cruciaux : si le Congrès adopte une législation, les États-Unis auront un outil pour contrer l’expansion chinoise. Sinon, l’incertitude persistera, menaçant le marché américain d’une arrivée massive de véhicules chinois.



