Les Américains n’ont jamais payé leur diesel aussi cher

Le diesel atteint 5,82 dollars le gallon aux États-Unis, pulvérisant le record de 2022. Cette hausse de 55% depuis février bouleverse le quotidien des automobilistes et des transporteurs routiers, confrontés à des coûts inédits alors que les stocks nationaux touchent leur plus bas niveau depuis 1982.

Publié le
Lecture : 2 min
En 2024, la part du diesel dans le parc automobile français est passée sous les 50 %. Mais les voitures sont de plus en plus âgées et plus lourdes, reflet d’une évolution contrastée du marché. Pixabay
En 2024, la part du diesel dans le parc automobile français est passée sous les 50 %. Mais les voitures sont de plus en plus âgées et plus lourdes, reflet d’une évolution contrastée du marché. Pixabay | L'Automobiliste

Aux États-Unis, le prix du diesel a franchi un seuil inédit, atteignant 5,82 dollars le gallon. Ce chiffre dépasse le précédent record de juin 2022, fixé à 5,816 dollars. Le jeudi 3 septembre 2026 marque désormais un tournant pour les conducteurs de véhicules diesel, confrontés à une hausse marquante des coûts.

À la pompe : un chiffre alarmant

GasBuddy, une plateforme de référence pour les prix des carburants, rapporte que le diesel américain a atteint un nouveau record. Patrick De Haan, analyste pétrolier chez GasBuddy, souligne que ce cap pourrait être franchi lors du Labor Day. Depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran le 28 février 2026, le prix du diesel a grimpé de 55%, passant de 3,76 dollars à 5,82 dollars le gallon, augmentant la facture mensuelle des conducteurs de plus de 150 dollars pour un parcours de 2 000 kilomètres.

Les stocks de distillats, qui incluent le diesel, sont à leur plus bas niveau depuis 1982. Sur la côte Est, les réserves ont chuté à 19,3 millions de barils la semaine du 28 août 2026, un creux historique. Cette période de demande maximale commence avec les stocks les plus faibles jamais enregistrés.

Transporteurs et coûts croissants

Les entreprises de transport routier sont en difficulté. Pour un camion parcourant 800 kilomètres par jour, la hausse des prix du carburant est considérable. Andy Lipow, président de Lipow Oil Associates, avertit que la hausse du diesel affecte l’économie, augmentant les coûts de transport et de production, ce qui pourrait faire grimper les prix alimentaires.

Avec des marges bénéficiaires entre 3% et 5%, les transporteurs peinent à absorber cette hausse. Certaines entreprises suspendent temporairement des lignes peu rentables, tandis que d’autres renégocient leurs contrats pour inclure des clauses d’indexation sur le prix du diesel.

Adaptation et alternatives

Face à ces coûts, les automobilistes adaptent leurs comportements. Les applications de covoiturage attirent plus d’utilisateurs, et les entreprises adoptent le télétravail pour réduire les déplacements. Les transporteurs optimisent leurs itinéraires, diminuant les kilomètres parcourus à vide de 15% en moyenne.

Le marché des véhicules électriques et hybrides s’accélère. En août 2026, les ventes de voitures électriques ont augmenté de 34% par rapport à l’année précédente. Ford avance le lancement de son Transit électrique, et Tesla enregistre des commandes record pour son Cybertruck.

Réajustements du marché

Les constructeurs accélèrent la recherche pour améliorer l’efficacité énergétique. Les nouveaux moteurs diesel promettent des gains de consommation de 8% à 12%, et les systèmes d’optimisation de conduite deviennent des arguments majeurs. Les poids lourds avec déflecteurs aérodynamiques et pneus basse résistance gagnent en popularité.

Les pouvoirs publics sont sous pression. Plusieurs États envisagent des subventions temporaires pour les transporteurs. Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale, surveille l’impact inflationniste potentiel. Une hausse des prix alimentaires de 4% à 6% est possible si la situation perdure. La désescalade au Moyen-Orient et la fin de l’embargo russe sont cruciales pour éviter une aggravation de la pénurie cet hiver.

Laisser un commentaire