Voitures thermiques : des dérogations possibles après 2035 en Europe

Alors que l’interdiction des voitures thermiques neuves était annoncée pour 2035, les signaux venus de Bruxelles laissent entrevoir un recul stratégique. L’industrie automobile européenne, confrontée à des défis techniques, économiques et concurrentiels, pousse à une révision du calendrier.

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2035 Voitures Thermiques
Voitures thermiques : des dérogations possibles après 2035 en Europe © L'Automobiliste

Adoptée en 2022, la fin programmée des voitures thermiques neuves d’ici 2035 en Europe est aujourd’hui remise en question. Entre montée en charge industrielle incomplète, pressions géopolitiques et concurrence asiatique agressive, le secteur automobile alerte sur l’impréparation de la chaîne de valeur. À Bruxelles, les lignes bougent.

L’Europe ouvre la porte à des assouplissements technologiques

Dans les couloirs de la Commission européenne, le discours sur la fin des voitures thermiques évolue. Selon AutoPlus, l’exécutif envisage désormais d’autoriser, au-delà de 2035, certaines technologies « à condition qu’elles respectent la neutralité carbone », notamment les moteurs thermiques compatibles e‑fuels, les hybrides rechargeables ou les blocs thermiques « ultra-efficients ».

Cette inflexion répond à des critiques formulées par plusieurs États, au premier rang desquels l’Allemagne, qui a exigé dès 2023 une reconnaissance réglementaire des carburants de synthèse.
Le paquet de mesures attendu pour le 10 décembre 2025, qui devait formaliser la trajectoire, a été reporté à début 2026, preuve que le consensus européen est à reconstruire.

Les tensions industrielles freinent la bascule technologique

Sur le plan industriel, la transition vers l’électrique reste incomplète. La capacité de production de batteries sur le Vieux Continent demeure insuffisante, et les infrastructures de recharge sont loin d’être déployées de manière homogène. « L’industrie européenne n’est pas capable de suivre ce rythme sans mise à niveau massive », analyse Transitions & Énergies, soulignant le différentiel d’investissement avec les géants asiatiques.

Les constructeurs européens, pris en étau entre contraintes réglementaires et rentabilité, expriment leur inquiétude quant à la viabilité du tout‑électrique en moins de dix ans. Plusieurs scénarios sont désormais sur la table :

  • un calendrier différencié par segments de marché,
  • une dérogation prolongée pour certains modèles thermiques à faibles émissions,
  • ou une intégration des e‑fuels dans la stratégie de neutralité carbone post‑2035.

Le thermique n’a pas dit son dernier mot

Le moteur thermique, s’il est condamné dans sa forme actuelle, pourrait connaître une nouvelle vie via les carburants alternatifs. Selon Les Numériques, « certains moteurs survivront à leur interdiction en 2035 », à condition d’être compatibles avec les e‑fuels ou les biocarburants. Cette perspective est désormais étudiée par les instances européennes comme une solution de compromis. Le but : permettre une décarbonation progressive sans sacrifier l’existant industriel ni les emplois liés au thermique.

Par ailleurs, l’acceptation de l’électrique par le grand public demeure contrastée. Coût d’acquisition élevé, autonomie perçue comme limitée, incertitudes sur le cycle de vie des batteries… les points de friction restent nombreux. Un rapport interne cité par AutoJournal suggère que « la fin du thermique pourrait être un risque pour la compétitivité européenne si elle est précipitée ».

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