Le géant de l’automobile Stellantis annonce une pause concernant son programme de conduite autonome. Il abandonne son dernier système, le jugeant inadapté aux attentes des automobilistes.
Stellantis met en pause son développement de la conduite autonome
Stellantis confirme l’arrêt du développement de son système de conduite autonome de niveau 3. Le groupe automobile estime que la demande actuelle ne justifie pas les investissements nécessaires. Cette décision marque un revirement important pour Stellantis, qui avait pourtant dévoilé cette technologie en février 2025 comme une avancée majeure.
Ainsi, le groupe décide de suspendre AutoDrive, son programme de conduite autonome le plus avancé. Présentée comme une solution capable de permettre au conducteur de détourner les yeux de la route dans des conditions spécifiques, cette technologie avait été pensée pour équiper les véhicules reposant sur les plateformes Medium et Large du groupe, dont le Peugeot 3008 et le Jeep Wagoneer S. Ces modèles avaient même servi de base à des essais en Italie et aux États-Unis. Pourtant, malgré cette préparation, le constructeur a jugé la perspective commerciale trop étroite pour poursuivre.
« Ce qui a été dévoilé en février 2025 est une technologie N3 pour laquelle il y a actuellement une demande de marché limitée, donc elle n’a pas été lancée. Mais la technologie est disponible et prête à être déployée », a déclaré un porte-parole de Stellantis. Cette précision souligne que le retrait ne découle pas d’un manque de maturité technique, mais bien d’un arbitrage stratégique dicté par le marché.
Des ambitions freinées par les coûts et la concurrence
Le système AutoDrive reposait sur un ensemble de capteurs laser et de caméras, dont l’intégration représentait un coût significatif pour les futurs véhicules du groupe. Or, la commercialisation de technologies similaires montre déjà les limites d’un tel pari. Pour le moment, Mercedes et BMW proposent un système de niveau 3 en option sur leurs modèles haut de gamme (Classe S, Série 7), facturé environ 6 000 €. Cet exemple illustre la difficulté à convaincre une clientèle élargie au-delà des segments premium, d’autant plus que les marges sur les véhicules grand public laissent moins de place à des options aussi coûteuses.
Face à cette réalité, Stellantis a choisi de concentrer ses ressources sur d’autres priorités, notamment l’électrification de sa gamme, déjà en proie à des retards et à une concurrence renforcée. En effet, les difficultés rencontrées par le groupe dans le domaine électrique pèsent sur sa capacité à financer des développements parallèles dans l’autonomie. De fait, les choix stratégiques actuels visent à préserver un équilibre financier dans un contexte industriel tendu.
Un abandon sans impact social direct mais aux conséquences technologiques
Malgré tout, une porte-parole du groupe a affirmé qu’aucune suppression d’emploi n’était prévue à la suite de l’arrêt du projet AutoDrive. Cette précision vise à rassurer, alors que la recherche et développement en conduite autonome mobilisait plusieurs équipes. Si l’impact social immédiat est nul, le retrait de Stellantis pourrait en revanche retarder son positionnement futur face aux concurrents qui maintiennent leurs efforts dans ce domaine.
Pour l’heure, seuls Mercedes et BMW commercialisent déjà un système de niveau 3 en Europe, limité à des vitesses spécifiques et à des environnements contrôlés. Leur avance, même restreinte, témoigne de la difficulté pour Stellantis de se maintenir dans une course technologique où les premiers à proposer des solutions fiables et homologuées renforcent leur image d’innovation.






