En France, la colère se fait sentir chez les clients de Stellantis, le groupe qui réunit des marques comme Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, DS et Jeep. Une pétition déposée à l’Assemblée nationale, qui vise à récolter 100 000 signatures, fâche de plus en plus de consommateurs. Ceux-ci dénoncent de « graves manquements » concernant la fiabilité des véhicules et le service après-vente. Ce mouvement pourrait bien modifier la façon dont le public voit le groupe et mettre en lumière plusieurs problèmes.
Des moteurs qui lâchent
Les moteurs PureTech sont souvent pointés du doigt. Le 1,2 litre PureTech, par exemple, est critiqué pour ses courroies de distribution qui s’usent trop vite, ce qui entraîne une surconsommation d’huile et parfois même des arrêts de moteur inattendus. Et ce n’est pas réservé aux moteurs essence : le diesel BlueHDI présente aussi des soucis, comme la chaîne d’entraînement des arbres à cames sujette à des pannes et des difficultés pour remplir le réservoir d’AdBlue. Par ailleurs, le message d’erreur « Défaut antipollution » s’affiche trop souvent, ce qui agace et inquiète les conducteurs.
On relève également un problème d’oxydation au niveau du moteur de la pompe à urée, qui vient détériorer la performance et l’efficacité environnementale des véhicules. Ces incidents répétitifs amènent à se poser des questions sur la durabilité et la fiabilité promises par le constructeur.
Les véhicules électriques en question
Les modèles électriques ne semblent pas épargnés par la critique. La Citroën ë-C3, par exemple, est pointée du doigt pour l’usage de plastiques jugés bon marché et pour des finitions bâclées, ce qui contraste avec son image de véhicule moderne et innovant. Des soucis électroniques viennent s’ajouter à ces défauts matériels.
La Jeep Avenger, un autre modèle électrique de Stellantis, se plaint de pertes de puissance inexplicables et d’une qualité perçue comme décevante par rapport aux espérances initiales. Ces remarques illustrent bien les défis auxquels le groupe fait face dans sa transition vers l’électrique.
Les airbags Takata à risque
Certaines modèles Citroën continuent d’être équipés d’airbags Takata jugés dangereux, malgré les campagnes de rappel lancées par Stellantis. Beaucoup de clients trouvent ces campagnes trop lentes et mal expliquées. Pour y remédier, le gouvernement a imposé des contraintes supplémentaires aux constructeurs afin d’accélérer les procédures et garantir la sécurité des automobilistes.
Failles dans le réseau commercial et d’assistance
Le réseau commercial de Stellantis n’est pas en reste. Certaines concessions sont accusées de minimiser les problèmes des clients ou de retarder les réparations nécessaires. Dans certains cas, les concessionnaires auraient même poussé subtilement leurs clients à acheter de nouveaux modèles plutôt que de régler les soucis existants.
Enquête publique en vue ?
La pétition a un but bien défini : lancer une enquête publique sur les pratiques commerciales et industrielles de Stellantis. Les initiateurs souhaitent mettre en lumière ce qu’ils considèrent comme des failles dans la conception, la production, la commercialisation et le suivi après-vente des véhicules.
Pour l’instant, seuls 350 signatures ont été récoltées, loin d’atteindre l’objectif de 100 000, ce qui montre que le chemin est encore long avant d’obtenir un examen officiel à l’Assemblée nationale. Néanmoins, chaque signature rajoute de la pression sur le grand groupe.
Un client en témoigne : « On nous dit que c’est une pièce d’usure, mais comment expliquer une casse moteur à 60 000 km ? » Cette remarque reflète bien le sentiment des automobilistes français qui attendent des réponses.
Tandis que la pétition continue de gagner en visibilité, la grande question reste posée : comment Stellantis va-t-il répondre à ces critiques tout en maintenant sa position dans un marché automobile qui se renforce de jour en jour ?





