Le groupe Volkswagen a confirmé, le 3 juin, que 20 000 de ses salariés allemands avaient déjà signé leur départ, dans le cadre d’un plan social massif visant à supprimer 35 000 postes d’ici à 2030. Derrière cette vague de départs, un pari risqué, restaurer la compétitivité du géant automobile en pleine turbulence industrielle.
Volkswagen taille dans ses effectifs pour survivre
Un vent glacial souffle sur les usines allemandes de Volkswagen. Le constructeur de Wolfsburg a enclenché une cure d’austérité brutale : 35 000 suppressions de postes programmées d’ici 2030, soit près de 30 % des effectifs nationaux. Mais attention, pas de licenciements secs, pas d’usines fermées. Le mot d’ordre est : « départ volontaire ». 20 000 salariés ont déjà accepté de quitter l’entreprise.
Le plan, présenté comme une réponse à une perte de compétitivité alarmante, s’appuie sur des négociations avec les syndicats. Gunnar Kilian, membre du directoire du groupe, l’a résumé ainsi lors d’une réunion interne à Wolfsburg et dans des propos rapportés par Le Figaro : « Les premières mesures de l’accord sur l’avenir de Volkswagen conclu fin 2024 portent leurs fruits et nous sommes sur la bonne voie ».
Restructurer sans licencier, une stratégie à l’allemande
Pour éviter la casse sociale, Volkswagen a mis sur la table une palette d’outils incitatifs : retraites anticipées, indemnités de départ généreuses, et même un gel salarial en 2025 et 2026. En échange, une hausse de 5 % des salaires, étalée et versée dans un fonds destiné à favoriser des modèles de temps de travail flexibles. Une subtilité allemande ? Peut-être. Mais le deal est clair : en sauvant la face socialement, Volkswagen économise chaque année 1,5 milliard d’euros, rien que sur les coûts salariaux.
Et ce n’est que la première étape d’une réduction des dépenses de 15 milliards d’euros par an, selon les chiffres révélés par le groupe lui-même. Dans le détail, la restructuration impactera les six sites allemands du constructeur. Les syndicats, particulièrement IG Metall, ont négocié pied à pied pour éviter les fermetures. Pour l’instant, ils tiennent la ligne.
Chute des profits pour Volkswagen
Derrière ce plan social monumental, une situation économique sous tension. Les chiffres sont implacables, Volkswagen a vu son bénéfice net chuter de 64 % au troisième trimestre 2024. La faute à quoi ? À une concurrence chinoise féroce dans le segment des véhicules électriques, à des retards technologiques et à des coûts de production allemands toujours plus élevés. L’usine de Wolfsburg, berceau historique du groupe, verra même disparaître la Golf en 2027.
Ce modèle iconique sera désormais assemblé au Mexique. Une décision pragmatique, mais symboliquement lourde, l’Europe n’est plus le cœur de l’industrie automobile allemande, elle en devient l’arrière-cour. Gunnar Kilian ne s’en cache pas, dans des propos rapportés par Le Figaro : « Nous accélérons notre transformation grâce aux progrès mesurables réalisés sur les coûts de production à Wolfsburg et à la réduction des effectifs sur les six sites allemands de Volkswagen ».

