Le monde de l’automobile va mal. Nouvelle illustration : l’équipementier Mahle annonce se séparer de près de 200 emplois en France et fermer un site.
Mahle va licencier en France
L’entreprise Mahle dévoile la possible fermeture de son site d’Hambach, en Moselle, et la suppression d’environ 200 emplois. La direction de Mahle a annoncé que l’usine française risquait de fermer. Cette dernière, spécialisée dans les condenseurs pour la climatisation automobile et les refroidisseurs de batteries, emploie actuellement 186 salariés. Elle a indiqué envisager la fermeture de cette unité à partir du deuxième trimestre 2026, et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) sera lancé dès le 3 novembre 2025.
Mahle justifie cette décision par « des difficultés économiques et des pertes récurrentes dans un environnement de marché de plus en plus difficile ». Le site produit pour plusieurs clients majeurs du secteur, mais souffre d’une baisse d’activité due à la fin de contrats clés et à une concurrence accrue à l’échelle internationale.
Enjeux économiques pour Mahle et l’équipement automobile
Mahle, acteur global de l’équipement automobile, affiche un chiffre d’affaires mondial de 12,8 milliards d’euros en 2023. Le groupe, qui emploie environ 60 000 salariés et dispose de 120 sites dans le monde, se retrouve néanmoins fragilisé sur certains segments. Sur le site d’Hambach, la production est centrée sur les condenseurs et les systèmes liés aux véhicules électriques, des secteurs en mutation rapide.
Ce contexte impose à l’équipementier automobile une restructuration : fermeture anticipée, cession possible du site, plan social à négocier. Les salariés, dont 85 % ont plus de 25 ans d’ancienneté, devront faire face à un marché local de l’emploi déjà tendu. Selon les syndicats, les salaires plus élevés en France, comparés à ceux de la Pologne ou de la Tchéquie, sont un frein à la compétitivité.
Impacts pour le bassin industriel et perspectives locales
La suppression de près de 200 emplois chez Mahle sur le site d’Hambach accentue la fragilité de la métallurgie en Moselle. Le bassin était déjà concerné par d’autres fermetures, et l’annonce suscite un appel aux pouvoirs publics pour une intervention et un accompagnement renforcé des salariés. Le plan social inclura des négociations dès ce mois de novembre pour définir les indemnités de départ, le reclassement et les garanties financières.
En parallèle, l’équipementier automobile devra maintenir le lien avec ses employés, négocier un calendrier de suppressions échelonné sur 2026 et envisager la cession éventuelle du site. Les choix stratégiques du groupe illustrent la mutation du secteur automobile, où la pression sur les coûts, les chaînes d’approvisionnement et la transition vers l’électrification confrontent les acteurs historiques à des défis majeurs.


