À l’approche des grands départs en vacances, les conducteurs français devront composer avec des limitations de vitesse qui changent souvent sur certaines routes. Le phénomène, loin de l’image de la « Nationale 7 » chantée par Charles Trenet, soulève des questions sur la sécurité routière et sur l’attention exigée des automobilistes.
La Nationale 7 et ses panneaux à n’en plus finir (et d’autres routes aussi)
La Nationale 7, qui relie Paris à Menton, en est un bon exemple. Sur la portion entre Lyon et Avignon, longue de 160 km, les conducteurs rencontrent 120 changements de limitation, soit un tous les 1,3 km environ. Dix radars y sont installés, ce qui alimente la réputation « piégeuse » de la route. Le refrain de Charles Trenet qui vante la « Nationale 7 » a de quoi faire sourire aujourd’hui.
Le cas n’est pas isolé. La RD943, entre Calais et Lens, compte 50 changements sur 80 km, et la D2, au nord de Nantes, en enregistre 45 sur 85 km. Ces changements brusques de vitesse usent les automobilistes et créent une « fatigue nerveuse » liée à l’attention permanente qu’ils réclament.
Ce que ça fait à l’attention des conducteurs et les réclamations des usagers
Cécile Poulain cite la Nationale 20, entre Paris et Orléans dans franceinfo : les limitations y passent de 50, 70 puis 90 km/h sur 300 m. Les radars mobiles, souvent jugés « piégeux » par les conducteurs, accentuent le problème. « On a toujours les yeux sur le compteur, en fin de compte », confie une conductrice, un ressenti que partagent beaucoup d’usagers lassés par ces changements.
L’application Coyote, spécialisée dans l’aide à la conduite, relève que plus de 60 % des excès enregistrés par ses utilisateurs restent compris entre 0 et 5 km/h, et que plus de 80 % ne dépassent la limite que de 10 km/h. Pour Stéphane Curtelin, ces dépassements tiennent souvent à une simple inattention, que la multiplication des panneaux rend plus fréquente.
Les conséquences et les pistes pour y voir plus clair
Ces variations pèsent aussi sur le portefeuille. Chaque année, les radars déclenchent environ 14 millions de flashs, pour près de 750 millions d’euros d’amendes. Dans le même temps, la mortalité routière a progressé de 4 % en mai, selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR). Ce chiffre inquiète les autorités, les pousse à revoir les mesures de sécurité et nourrit le débat sur la limitation.




