Arnaud Belloni, connu pour avoir mené au succès la Renault 5 électrique et l’Ami, prend les commandes de Fiat, Abarth et Lancia chez Stellantis à compter du 1er septembre 2026. À 59 ans, ce spécialiste du marketing automobile revient dans le groupe après dix ans passés chez des concurrents. Sa nomination suscite des attentes quant à l’arrivée de modèles électriques abordables et d’innovations commerciales.
Arnaud Belloni, un acteur clé du marché automobile
Arnaud Belloni est bien connu dans le secteur automobile. Il devient un pilier de Stellantis en Europe, cumulant la direction de trois marques italiennes et le marketing continental. Son expérience prouve une aptitude certaine à lancer des produits.
Chez Renault Group, Belloni a supervisé le lancement de la Renault 5 électrique, devenue rapidement une référence sur le marché européen des compactes électriques. Auparavant, chez Citroën (2015-2020), il avait commercialisé l’Ami, un quadricycle sans permis vendu à 7 990 euros, très prisé en milieu urbain. Ces succès partagent des caractéristiques : accessibilité, design affirmé, et large cible.
Avant 2015, Belloni avait passé seize ans au sein du groupe, dirigeant le marketing des marques italiennes et françaises. Il connaît bien l’ADN de Fiat et Lancia, et son expérience récente lui offre une perspective complète du marché européen. Olivier François, qui a dirigé ces marques pendant plus de trente ans, l’accompagnera jusqu’à mi-octobre 2026 pour une transition en douceur avant de devenir conseiller stratégique.
Fiat : Belloni va-t-il revitaliser la marque ?
Fiat a vendu 194 000 unités en Europe au premier semestre 2026, un chiffre respectable mais en deçà des leaders du secteur. Challenges souligne que ces mouvements internes chez Stellantis visent à revitaliser les marques en difficulté. Trois axes d’amélioration sont attendus : diversification de la gamme, accessibilité des prix, et qualité perçue.
La Fiat 500 électrique est le fleuron de la marque, dominatrice sur le marché des citadines électriques en Europe. Cependant, son positionnement premium (débutant à 29 900 euros) limite son accès. Belloni devra-t-il imiter la stratégie de la Renault 5 avec une version plus abordable, ou proposer des variantes pour élargir le public ? Ce choix influencera la croissance de Fiat sur le segment électrique.
Abarth, marque sportive du groupe, a entamé sa transition électrique avec les modèles 500e et 600e. Belloni doit préserver l’identité sportive tout en rendant ces modèles plus accessibles à une clientèle jeune. L’Abarth 500e, vendue autour de 38 000 euros, reste onéreuse pour une première voiture sportive. Un repositionnement des prix ou des offres de location pourraient élargir la base client.
Lancia : un retour en question
Lancia représente un défi majeur. Avec seulement 6 831 immatriculations au premier semestre 2026, la marque italienne peine à survivre. Italpassion remet en question la viabilité de certaines marques Stellantis, Lancia en tête. Le groupe espère pourtant une renaissance.
La nouvelle Ypsilon, lancée en 2024, est le symbole du renouveau de Lancia. Positionnée sur le segment B premium, elle cible une clientèle urbaine et aisée, séduite par le design italien et l’électrification. En version hybride et 100 % électrique, elle est proposée à partir de 27 500 euros. Pour les automobilistes français ou allemands, Lancia reste cependant méconnue, absente des concessions depuis longtemps. Belloni devra reconstruire la notoriété et le réseau de distribution.
Les ventes posent question. DS, autre marque premium de Stellantis, a vendu 13 793 véhicules au premier semestre 2026, en baisse de 19,4 %. Lancia, avec des ventes deux fois moindres, peut-elle survivre ? Belloni a deux options : concentrer la distribution sur quelques marchés clés et mutualiser les plateformes avec Fiat pour réduire les coûts. Roberta Zerbi, ancienne directrice de Lancia, est en charge du développement du réseau européen, preuve que Stellantis continue d’investir dans cette expansion.
Conséquences pour les clients
Pour les automobilistes, une réorganisation n’a de sens que si elle améliore l’expérience d’achat et de possession. Trois aspects sont essentiels : la politique tarifaire, la qualité de service, et l’accessibilité des concessions.
Roberta Zerbi, désormais chargée du développement du réseau de distribution, annonce l’ouverture de nouvelles concessions Lancia, l’intégration de points de vente Fiat-Lancia, et la formation des équipes commerciales. Pour les automobilistes, cela pourrait signifier une meilleure disponibilité des véhicules, des essais plus accessibles, et un service après-vente amélioré.
Belloni hérite d’un portefeuille de marques varié : Fiat, solide mais vieillissante, Abarth en transition électrique, Lancia en difficulté. Son expérience chez Renault et Citroën lui a appris à cibler efficacement et à créer du désir avec des budgets limités. Les automobilistes européens espèrent des modèles électriques abordables, des offres de financement attractives, et une distribution renforcée. La question reste de savoir si Stellantis lui fournira les ressources nécessaires ou si, comme certains analystes le craignent, Lancia pourrait disparaître d’ici 2028. Le plan FastLane 2030 classe Fiat parmi les priorités, tandis que Lancia est considérée comme régionale. Belloni devra naviguer entre ces contraintes budgétaires et séduire les automobilistes, un défi à sa mesure.



