Univé, l’un des plus gros assureurs néerlandais, a décidé de rejeter les demandes de propriétaires de certains véhicules chinois, confirme Auto Moto. La mesure touche les clients qui possèdent des voitures de plusieurs marques bien précises, désormais jugées trop risquées à couvrir.
Neuf marques sont concernées par un refus total d’assurance tous risques :
- Hongqi
- Changan
- Voyah
- KGM
- Vinfast
- Jaecoo
- MHero
- Omoda
- Leapmotor
cette dernière pourtant liée au groupe Stellantis. Pour quatre autres marques, Dongfeng, Lucid, Nio et Zeekr, Univé accepte encore les clients mais se limite à la responsabilité civile, sans aucune garantie supplémentaire. Ces quatre constructeurs occupent pourtant une certaine place sur le marché.
Des pièces détachées introuvables et des voitures irréparables
Deux raisons expliquent cette décision. D’abord, les pièces de rechange manquent cruellement : elles doivent souvent venir directement de Chine, ce qui allonge les délais et fait grimper les prix. Ensuite, ces véhicules sont jugés trop fragiles économiquement : un simple accrochage, parfois un souci de train roulant, suffit à les faire déclarer irréparables au regard du coût de la remise en état.
Henkjan Matthijs, responsable mobilité chez Univé, résume la situation en expliquant qu’en l’absence de pièces détachées, d’assistance technique et d’un bon réseau de réparation, même des dégâts mineurs peuvent entraîner de longs délais d’attente et des coûts imprévus. Il ajoute que « si les pièces ne sont pas là, et qu’il y a des dommages sur une voiture, cela devient très compliqué de la réparer ».
À ces problèmes de logistique s’ajoute une difficulté à recruter du personnel qualifié pour ces marques, un processus long que toutes n’ont pas encore réussi à mener à bien. Le réseau d’après-vente reste, pour beaucoup d’entre elles, insuffisamment développé alors qu’elles sont arrivées massivement et récemment sur le marché européen.
Univé adresse en creux un avertissement aux constructeurs chinois. Selon Henkjan Matthijs, le message est simple : « ne vous contentez pas d’envoyer une cargaison de voitures neuves, assurez-vous aussi que le service après-vente est au point ». D’autres marques ont déjà traversé ce genre de traversée du désert avant de s’en sortir, à l’image de Tesla à ses débuts, ou plus récemment de BYD et MG côté chinois, qui ont depuis étoffé leur réseau.
Ce sont d’ailleurs les constructeurs les mieux implantés, comme MG ou BYD, qui échappent à la restriction d’Univé, grâce à un réseau de distribution devenu plus mature.
La fédération professionnelle du secteur ne partage pas ce diagnostic. La Bovag, principale fédération néerlandaise de la mobilité, juge la mise en garde d’Univé largement exagérée. Selon elle, les difficultés d’approvisionnement en pièces détachées concernent l’ensemble de l’industrie automobile et ne devraient pas pénaliser les seuls nouveaux entrants venus de Chine.
Reste que la décision d’Univé, présentée comme un signal fort envoyé aux constructeurs chinois, illustre les tensions grandissantes autour de l’assurabilité de ces véhicules sur le marché européen.




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