Au moment de choisir une voiture, beaucoup misent sur l’argument financier des électriques : pas d’essence à payer et un entretien réduit, ce qui laisse espérer des économies. Mais un poste souvent oublié vient tempérer cet optimisme. Le remplacement des pneus, plus fréquent et plus cher sur les voitures électriques que sur les équivalents thermiques, surprend de nombreux conducteurs.
Pourquoi les pneus s’usent plus vite sur les électriques
Les voitures électriques se distinguent par leur silence de conduite et la qui fait tourner les roues, ce qui apporte un vrai confort. Ce couple maximal délivré immédiatement accélère cependant l’usure des pneus, surtout à l’avant.
Le poids des batteries renforce aussi le phénomène : par exemple, une Renault Zoé électrique pèse près de 1 500 kg, contre seulement 1 200 kg pour la version essence. La Peugeot e-208 électrique est, elle, alourdie de 300 à 400 kg par rapport à sa version thermique. En ville, avec freinages et accélérations fréquents, l’usure des pneus avant s’amplifie encore.
Selon une étude du gestionnaire de flottes automobiles Epyx, relayée par Auto Plus, les pneus des véhicules électriques doivent en général être remplacés après environ 28 944 km, alors que ceux des voitures thermiques peuvent atteindre 40 000 km, soit une différence de plus de 10 000 km.
Remplacer les pneus : ça coûte plus cher
Côté porte-monnaie, la surprise est là aussi. Un conducteur d’une voiture électrique doit s’attendre à payer en moyenne 240 € par remplacement, contre 150 € pour une voiture thermique, une différence de 90 € par pneu. Sur trois ans, le budget consacré aux pneus peut être deux fois plus élevé que pour un véhicule essence, d’autant que les prix des pneus ont augmenté de plus de 25 % en cinq ans.
Les hausses tiennent notamment aux coûts de production et aux investissements en recherche pour adapter les pneus aux besoins des électriques. Les pneus doivent désormais soutenir davantage de poids sans nuire à l’autonomie, ce qui augmente les coûts d’entretien. Des modèles dits « EV Ready », avec une faible résistance au roulement et une carcasse plus rigide, tentent de répondre à ces exigences. Des marques comme Michelin (modèle e.Primacy), Continental (EcoContact 6) et Pirelli (Elect) ont déjà avancé sur ce terrain.
Les nouveautés et les gestes qui aident
Les innovations continuent. Des entreprises comme Bosch et Pirelli travaillent sur des pneus connectés capables d’échanger des informations avec l’électronique des véhicules, ce qui laisse présager de nouvelles hausses de prix à l’avenir. Côté conducteur, adopter une conduite souple et entretenir correctement ses pneus permet de freiner l’usure.
Les modèles plus légers, comme la e-208, offrent un avantage en réduisant les contraintes sur les pneumatiques. Il reste important que les consommateurs ouvrent l’œil sur chaque composant de leur voiture pour prévoir les coûts et optimiser son utilisation.






