La loi durcit le ton sur les routes, et apparemment, les radars aussi. À peine entrée en vigueur, la nouvelle qualification pénale du très grand excès de vitesse a été appliquée dans les Landes dès les premières heures suivant son entrée en vigueur.
Grands excès de vitesse délictuels : une réforme ambitieuse, une application express
Le 29 décembre 2025 est désormais une date à retenir pour les juristes de la route autant que pour les automobilistes. Ce jour-là, conformément au décret prenant acte de la loi du 9 juillet 2025, l’excès de vitesse supérieur ou égal à 50 km/h au-delà de la limite autorisée cesse d’être une simple contravention pour devenir un délit pénal, susceptible d’entraîner une peine de prison (jusqu’à trois mois), une amende pouvant atteindre 3 750 € et une inscription au casier judiciaire.
La logique derrière cette réforme est claire : un comportement de conduite qui dépasse de plus de 50 km/h la limitation expose très sérieusement la vie d’autrui à un risque élevé. En le requalifiant en délit, les pouvoirs publics entendent envoyer un message sans ambiguïté sur la gravité de tels comportements.
Les Landes ouvrent le bal moins de 12 heures après l’entrée en vigueur du dispositif
Dans ce contexte, la toute première application concrète de cette règle est intervenue dans les Landes, où un conducteur a été contrôlé à 137 km/h sur une route limitée à 80 km/h, selon les informations de France Bleu. Cette vitesse, supérieure de 57 km/h à la limite autorisée, dépasse le seuil désormais fixé pour la qualification de délit. Il s’agit donc du premier excès de vitesse à être traité selon ce nouveau régime pénal. Le contraste est frappant entre la relative lenteur des débats parlementaires qui ont conduit à la loi et la célérité avec laquelle la première sanction est tombée.
La transformation d’une infraction de contravention en délit n’est pas un changement cosmétique. Sur le plan pratique, cela signifie qu’un excès de vitesse majeur ne se règle plus simplement par le paiement d’une amende et un retrait de points : il engage le conducteur dans une procédure pénale devant le tribunal, avec des sanctions beaucoup plus lourdes et des conséquences durables comme l’inscription au casier judiciaire.
On peut imaginer que certains conducteurs pressés contempleront cette évolution avec un mélange d’incrédulité et de résignation. Pour d’autres, l’affaire landaise sera un avertissement très clair : la marge d’erreur n’a jamais été aussi étroite, et les conséquences jamais aussi graves.






