À la suite d’un nouveau drame survenu à Reims le 11 juin 2025, impliquant un airbag Takata défectueux, le gouvernement a publié un arrêté ministériel le 29 juillet 2025 renforçant drastiquement les obligations de rappel et d’accompagnement imposées aux constructeurs automobiles. Trente marques sont concernées.
Airbags Takata : des rappels élargis et accélérés pour tous les modèles à risque
Le texte impose désormais le rappel obligatoire de tous les airbags de type PSAN sans dessiccant et NADI, considérés comme instables, quel que soit leur âge ou leur localisation, d’ici fin 2026. Les propriétaires doivent être informés sous 30 jours s’ils ne l’ont pas encore été. Les marques sont également tenues de mettre à jour leurs portails de rappels en ligne et de faciliter l’identification des véhicules via les numéros VIN.
Le ministère exige par ailleurs une systématisation des mesures de « stop drive » – c’est-à-dire l’interdiction immédiate de circuler – pour :
- tous les véhicules situés en outre-mer et en Corse ;
- ceux immatriculés avant le 31 décembre 2011 sur le reste du territoire.
Des dérogations limitées peuvent être accordées au cas par cas, uniquement si le constructeur prouve que l’airbag reste fiable au-delà de trois ans, même en conditions extrêmes.
Un encadrement plus strict des airbags encore tolérés
Les airbags de type PSAN avec dessicant, moins sensibles à court terme, ne sont pas immédiatement visés par des interdictions, mais doivent faire l’objet :
- de tests de vieillissement accéléré,
- d’un programme de surveillance renforcé,
- et d’un rapport semestriel remis au Service de surveillance du marché des véhicules (SSMVM).
Le ministère n’écarte pas la possibilité d’étendre ultérieurement les « stop drive » à ces modèles en fonction des résultats.
Un accompagnement obligatoire des automobilistes : des véhicules de prêt pour tous
Autre nouveauté majeure : l’arrêté impose aux constructeurs une prise en charge intégrale de la mobilité des usagers touchés par un stop drive. Si le remplacement de l’airbag ne peut être effectué dans les 15 jours suivant la demande, les marques doivent proposer gratuitement :
- un véhicule de courtoisie ou de location,
- ou prendre en charge un moyen de transport équivalent.
La réparation à domicile ou le remorquage gratuit jusqu’à l’atelier est également obligatoire si nécessaire. Un délai maximal de 15 jours est fixé pour effectuer l’opération.
Le gouvernement impose aussi :
- un niveau minimal de stock d’airbags à maintenir,
- une campagne d’information ciblée, en particulier dans les DROM, avec des opérations de terrain.
Une volonté claire de forcer les constructeurs automobiles à agir
« Il ne s’agit pas de pénaliser les automobilistes, mais de protéger leur sécurité, même si cela implique une logistique contraignante pour les industriels », rappelle le ministère des Transports. Des astreintes élevées sont prévues pour les marques ne respectant pas ces nouvelles exigences.
Le rappel massif des airbags Takata, entamé en 2013 à l’échelle internationale, concerne plus de 100 millions de véhicules dans le monde. En France, plusieurs décès et incidents graves sont documentés, notamment dans des zones à forte humidité où les charges propulsives de certains airbags deviennent instables avec le temps.



