Camions électriques : les immatriculations bondissent de 60 % en France, mais le diesel domine encore l’Europe

Les immatriculations de camions rechargeables ont progressé de 60,2 % en France sur les neuf premiers mois de 2026, selon les chiffres publiés le 28 octobre par l’ACEA. À l’échelle européenne, ces véhicules ne représentent pourtant que 5,3 % des nouveaux poids lourds et camions moyens, tandis que les utilitaires légers français reculent.

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Camions électriques : les immatriculations bondissent de 60 % en France, mais le diesel domine encore l’Europe © L'Automobiliste

Le marché européen des véhicules professionnels avance à plusieurs vitesses. Dans ses statistiques publiées le 28 octobre 2026, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) relève une hausse de 60,2 % des immatriculations de camions rechargeables en France entre janvier et septembre, par rapport aux neuf premiers mois de 2025. Mais, sur l’ensemble de l’Union européenne, l’électrique rechargeable reste minoritaire dans le transport routier lourd.

Ce contraste concerne directement les entreprises de transport, les gestionnaires de flottes et les collectivités françaises : la progression d’une technologie peut être rapide tout en partant d’un marché encore étroit.

Les camions rechargeables progressent, le diesel garde 91,7 % du marché

Dans l’Union européenne, 245 079 camions neufs ont été immatriculés sur les trois premiers trimestres de 2026, soit une hausse de 7,5 % sur un an. Les poids lourds progressent de 8,5 %, contre 2,5 % pour les camions de tonnage intermédiaire. La France se distingue de cette tendance : les immatriculations françaises de camions, toutes motorisations confondues, reculent de 1,6 %.

Les camions rechargeables affichent, eux, une progression de 49,8 % dans l’Union. L’Allemagne (+77,2 %), la France (+60,2 %) et les Pays-Bas (+57,5 %) concentrent ensemble 74 % des immatriculations européennes de cette catégorie. Ces chiffres portent sur les nouveaux véhicules enregistrés, et non sur l’ensemble du parc circulant.

La part européenne des camions rechargeables atteint 5,3 %, face à 91,7 % pour le diesel. Autrement dit, le dynamisme des ventes électriques ne suffit pas encore à modifier profondément la composition des nouveaux achats professionnels. L’ACEA juge d’ailleurs la cadence d’adoption insuffisante au regard des objectifs de transition.

En France, les utilitaires légers reculent de 5,6 %

Le tableau est différent pour les camionnettes et fourgons. Dans l’Union, les immatriculations d’utilitaires légers sont pratiquement stables, à 1 073 427 véhicules sur neuf mois. Elles baissent toutefois de 5,6 % en France, de 4,1 % en Allemagne et de 5,1 % en Italie, tandis que l’Espagne progresse de 6,9 %.

Les utilitaires rechargeables gagnent du terrain au niveau européen : leurs immatriculations augmentent de 38,2 % et leur part de marché atteint 14,1 %, contre 10,2 % un an plus tôt. Le diesel conserve néanmoins 78,1 % des nouvelles immatriculations, malgré une baisse de ses volumes de 4,3 %. Les hybrides représentent 3,4 % du marché.

Pour une entreprise française qui renouvelle ses véhicules, ces données décrivent une transition différenciée selon les usages. Le choix d’une motorisation dépend aussi des trajets, des charges transportées, des possibilités de recharge et du coût total d’exploitation. Les statistiques de ventes ne permettent pas, à elles seules, de départager ces paramètres pour une flotte donnée.

Les autobus se convertissent plus rapidement

Le marché des autobus affiche une autre dynamique. L’ACEA recense 32 695 nouvelles immatriculations dans l’Union depuis janvier, en hausse de 15,2 %. La France progresse de 10,5 %, l’Italie de 34,4 % et la Pologne de 68,6 %.

La part des autobus rechargeables atteint 26,4 % des immatriculations européennes, contre 22,1 % un an plus tôt, après une croissance de leurs volumes de 37,6 %. Le diesel demeure majoritaire, à 58,4 %, tandis que les autobus hybrides représentent 6,9 %.

Cette divergence entre autobus, utilitaires et camions lourds rappelle que la transition des véhicules professionnels ne suit pas un calendrier unique. Les prochaines statistiques permettront de voir si la progression des motorisations rechargeables s’accompagne d’un redressement plus général des ventes françaises, aujourd’hui en retrait sur les segments des camions et des fourgons.

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